Zones humides, le complexe lagunaire Sidi Moussa Oualidia : un joyau naturel à préserver

Les jeunes reporters pour l’environnement
Les jeunes reporters pour l’environnement, du lycée Jaafar El Fassi El Fehri, Direction Régionale Moulay Rachid, Académie de la région du Grand Casablanca

Situé au Maroc, le complexe lagunaire Sidi Moussa-Oualidia est parmi les zones humides les plus importantes pour les oiseaux d’eau migrateurs de l’Afrique du nord. Il bénéficie également de désignations Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux et de la nature, Zone Humide d’importance international au titre de la convention Ramsar (2005) et Site d’Intérêt Biologique et Ecologique.

Le complexe s’étend sur une longueur de 46 Km et d’une superficie de 10.000 Ha. Il s’individualise en Afrique du Nord par sa configuration originale, six plans d’eau (deux lagunes et quatre marécages) séparés par des champs d’agriculture.

La lagune d’Oualidia
La lagune d’Oualidia, le 24 février 2022 – Photo prise par les Jeunes reporters pour l’environnement de JFF.

AU CŒUR DU COMPLEXE LAGUNAIRE SIDI MOUSSA OUALIDIA, UN PARADIS POUR LA BIODIVERSITÉ

Le patrimoine naturel du complexe lagunaire, Sidi Moussa Oualidia, est exceptionnel. Ses précieux habitats accueillent de nombreuses espèces, parfois rares et menacées. Il abrite un peuplement d’oiseaux d’eau très varié, composé de 114 espèces. Le complexe est réputé en tant que site d’escale et d’hivernage de plusieurs espèces d’oiseaux, qui migrent entre l’Europe et l’Afrique. Il héberge également une riche faune de limicoles reproducteurs.

À l’aide de ses jumelles et de son guide, Mme El Malki Siham, docteur en ornithologie et secrétaire générale de GREPOM/Birdlife, suit le comportement des oiseaux. Après quelques minutes, elle nous explique : « Il y a là-bas un petit groupe d’échasse blanche, dont certaines sont très bruyantes ». « Cela signifie qu’elles défendent leurs territoires de nidification », poursuit l’ornithologue.

« Si notre environnement était un corps humain, les zones humides en seraient les poumons »

Le complexe héberge aussi de fortes concentrations d’espèces de mammifères, de reptiles, d’amphibiens, de poissons et d’invertébrés.

 

LES ZONES HUMIDES DU COMPLEXE SONT DONC CRUCIALES POUR LA BIODIVERSITÉ. ET POUR L’HOMME

Selon Pr Rhimou El Hamoumi; Enseignante-chercheur à l’Université Hassan II de Casablanca et Présidente du GREPOM/ Birdlife, «les zones humides du complexe lagunaire rendent beaucoup de services écosystémiques pour l’Homme et pour la nature, ce sont des réservoirs de biodiversité donc, des ressources, qui peuvent être utilisées par l’Homme dans des activités comme la pêche et l’aquaculture. D’ailleurs la région est connue par ses huîtres, ce sont les meilleures du monde !».

Les services rendus par ces zones sont dénombrables. Selon notre éminente professeure, ces zones humides sont connectées aux eaux souterraines et assurent, en partie, la recharge de nappe phréatique, elles agissent comme des éponges, qui retiennent l’eau lors de fortes pluies.

La professeure El Hamoumi avance également que le tourisme durable est un secteur important de l’économie locale. La forte attractivité de cette zone est fondée sur ses milieux naturels.

Pr El Hamoumi, centre d’éducation à l’environnement
Interview avec Pr El Hamoumi, @centre d’éducation à l’environnement, Oualidia le 24 février 2022.

… ET NOS IMPACTS SUR CET ÉCOSYSTÈME ?

Tous les espaces naturels sont exploités pour divers usages par la population locale dans des activités de subsistance. De toutes ces activités, découlent des abus d’utilisation des diverses ressources du complexe.

Certaines salines sont asséchées, d’autres abandonnées. Les deux lagunes et les marécages sont menacés par les produits phytosanitaires utilisés dans les champs, des rejets industriels de Jorf Lasfar, la surexploitation des ressources aquacoles, le ramassage des algues durant toute l’année sans respect de la période de repos biologique, la chasse illégale par les braconniers…

Selon Aïcha et d’autres femmes qui ramassent la palourde dans la lagune de Sidi Moussa « lmi3a (palourde) est fortement demandée par le marché européen, ce qui augmente sa valeur économique. Cette activité est en plein essor et donne du travail aux plus pauvres de la région. Plusieurs milliers de personnes vivent ainsi de ramassage des palourdes ».

La forte demande entraîne une exploitation intensive et abusive de cette ressource. A ce ramassage de palourdes, et dans les salines jouxtant la lagune, s’ajoute le ramassage des œufs des oiseaux reproducteurs par les enfants.

Malheureusement, l’inscription des zones humides du complexe en tant que site Ramsar ne leur confère aucun privilège ni protection supplémentaire, relève Mme El Malki interrogée par les jeunes reporters pour l’environnement. Elle ajoute « l’éducation à l’environnement est l’arme la plus puissante pour changer le monde et avoir un écosystème durable ».

« Il est facile de détruire un écosystème mais il est impossible de le reconstruire »

COMMENT LA SENSIBILISATION PEUT-ELLE AIDER À UNE PRÉSERVATION DURABLE DE CES ZONES HUMIDES ?

un programme destiné à sensibiliser et rapprocher les élèves, de différents établissements scolaires, des composantes du site, ses lagunes, et ses oiseaux migrateurs.

Une volonté transmise via des jeux didactiques et des activités ludiques. « Un ensemble de programmes d’éducation réfléchis et élaborés, principalement axés sur la conservation des zones humides », précise son directeur, Mr. Fahmi Abdelhak.

Atelier de sensibilisation
Atelier de sensibilisation @centre d’éducation à l’environnement, Oualidia le 24 février 2022 – Photo prise par les Jeunes reporters pour l’environnement de JFF.

PROTÉGER LES ZONES HUMIDES : UNE AFFAIRE DE VIE OU DE MORT

Nous dépendons tous des zones humides, gérons avec responsabilité et sagesse les zones humides de complexe lagunaire ainsi que toutes les zones humides marocaines qui maintiennent notre pays vivant.

 

Gâchis écologique

Alors que le Maroc connait une rareté de ses ressources hydriques, les zones humides continuent à se dégrader. Les dayas du moyen Atlas sont à sec, la daya de Takaddoum à rabat est remblayée, la Moulouya, le plus long fleuve, qui ne voit plus la mer, la zone humide Oualidia est asséchées … EST CE QUE LA DAYA DE DAR BOUAZZA VA SUBIR LE MEME SORS ?

Détruire une zone humide pour construire du béton ?

La Daya de Dar Bouazza est la dernière zone humide naturelle de la grande Casablanca, dotée d’une biodiversité remarquable, elle recèle une faune spécifique, qui associe notamment les oiseaux, les batraciens, les reptiles, et les arthropodes. Elle est malheureusement l’objet d’une réquisition par deux promoteurs immobiliers.

 

Reportage réalisé par:
 Aymane Massous
 Hiba Doddia
 Hala Ramzi
 Wijdane badi
 DouniaAriif
 Mohamed deraoui
Encadré par : Madame Siham El Malki

Lycée Jaafar El Fassi El Fehri
Direction Régionale Moulay Rachid
Académie de la région du Grand Casablanca

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