Ecomondo 2026 : à Rimini, l’économie circulaire s’impose comme un enjeu de souveraineté industrielle

La 29ᵉ édition d’Ecomondo a été inaugurée le 3 novembre 2026 au parc des expositions de Rimini, en présence du ministre italien de l’Environnement, Gilberto Pichetto Fratin, et avec un message vidéo du ministre des Entreprises et du Made in Italy, Adolfo Urso. Jusqu’au 6 novembre, le salon réunit plus de 1 800 marques exposantes et plus de 1 000 acheteurs internationaux autour des technologies vertes, de la gestion des ressources et de l’économie circulaire. Un rendez-vous qui illustre la volonté italienne de faire de la transition écologique un levier de compétitivité industrielle et d’autonomie stratégique.

 

De Rimini, un rendez-vous industriel tourné vers les enjeux mondiaux

Rimini accueille depuis le 3 novembre la 29ᵉ édition d’Ecomondo. Organisé par Italian Exhibition Group (IEG), le salon se poursuit jusqu’au vendredi 6 novembre au parc des expositions de la ville, avec l’ambition de réunir entreprises, institutions, centres de recherche et décideurs autour des transformations de l’économie verte, bleue et circulaire.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de Gilberto Pichetto Fratin, ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique. Adolfo Urso, ministre des Entreprises et du Made in Italy, est également intervenu à travers un message vidéo.

Au-delà de la dimension environnementale, les interventions officielles ont placé l’économie circulaire au centre d’une réflexion plus large sur l’avenir de l’industrie, la sécurité des approvisionnements, la compétitivité des entreprises et la souveraineté économique européenne.

Le président d’IEG, Maurizio Ermeti, a ouvert la cérémonie en soulignant le rôle croissant de l’économie verte dans la transformation du système industriel italien.

« L’économie verte revêt une importance stratégique croissante pour la croissance et la compétitivité du système industriel national, et Ecomondo est au cœur de cette transformation », a-t-il déclaré.

Selon lui, le salon, qui s’est d’abord imposé comme un rendez-vous majeur à l’échelle européenne, renforce désormais sa présence sur les marchés internationaux. Il entend notamment consolider son rôle de plateforme industrielle de référence pour les entreprises, les institutions, les acteurs de la recherche et les décideurs publics engagés dans l’économie circulaire et régénérative.

 

La transition écologique, un levier de compétitivité industrielle

Dans son intervention, le ministre Gilberto Pichetto Fratin a défendu une approche de la transition écologique qui dépasse la seule protection de l’environnement.

Pour le responsable italien, la durabilité constitue également une source d’innovation et d’opportunités de croissance pour le tissu productif et manufacturier. Il a notamment insisté sur la nécessité de faire évoluer les modèles de production et de consommation vers une utilisation plus efficace des ressources, une réduction du gaspillage et une création de valeur compatible avec la préservation des écosystèmes.

« La transition ne doit pas être perçue comme un ensemble de contraintes, mais comme une évolution des modèles de production et de consommation vers une plus grande efficacité », a-t-il affirmé.

Le ministre a également présenté Ecomondo comme un espace où cette transformation peut prendre forme grâce aux échanges entre les différents acteurs économiques et institutionnels et à la valorisation des expériences et solutions innovantes.

Cette lecture traduit un enjeu central pour l’industrie européenne : réussir à concilier les objectifs environnementaux avec les impératifs de production, d’investissement et de compétitivité internationale.

 

Matières premières critiques : l’économie circulaire devient un enjeu géopolitique

Le message vidéo d’Adolfo Urso a donné une dimension supplémentaire aux débats en reliant directement l’économie circulaire aux questions de sécurité économique et de souveraineté industrielle.

Le ministre des Entreprises et du Made in Italy a estimé que la durabilité n’était plus uniquement une question environnementale, mais également industrielle et géopolitique.

Dans un contexte de concurrence mondiale pour l’accès aux matières premières, à l’énergie et aux technologies, la capacité à récupérer, réutiliser et valoriser les ressources devient, selon lui, un facteur déterminant de compétitivité.

Adolfo Urso a notamment rappelé que l’Italie dispose d’une position solide dans le domaine de l’économie circulaire, tout en soulignant la persistance d’une dépendance vis-à-vis des approvisionnements étrangers en matériaux.

C’est dans cette perspective que le gouvernement italien a intégré l’économie circulaire à sa politique industrielle, notamment autour des matières premières critiques.

L’enjeu consiste désormais à transformer les compétences et les capacités technologiques existantes en avantage concurrentiel, tout en renforçant la souveraineté industrielle italienne et l’autonomie stratégique européenne.

Cette orientation donne une importance particulière aux technologies de recyclage, à la valorisation des déchets et à l’optimisation des ressources, dans un environnement économique marqué par les tensions sur les chaînes d’approvisionnement internationales.

 

Une ouverture institutionnelle réunissant les acteurs italiens

La cérémonie inaugurale a également réuni plusieurs responsables institutionnels italiens. Parmi eux figuraient Jamil Sadegholvaad, maire de Rimini, Michele de Pascale, président de la région Émilie-Romagne, Fabrizio Lobasso, directeur général adjoint chargé de la croissance et de la promotion des exportations et directeur central du « Système Italie » et des investissements au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, ainsi que Maurizio Forte, directeur central des secteurs d’exportation de l’agence ICE.

Leur présence souligne la place accordée à Ecomondo dans la stratégie italienne de promotion des technologies environnementales et de développement des échanges économiques internationaux.

 

Les États généraux de l’économie verte ouvrent leur 15ᵉ édition

En parallèle du salon, Rimini accueille la 15ᵉ édition des États généraux de l’économie verte, organisés par la Fondation pour le développement durable, en collaboration avec le ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique.

L’événement bénéficie du patronage de la Commission européenne et du ministère des Entreprises et du Made in Italy.

La séance plénière inaugurale a notamment été consacrée à la présentation du Rapport sur l’état de l’économie verte 2026, destiné à dresser un état des lieux des évolutions et des enjeux du secteur.

Le programme se poursuit le 4 novembre avec une séance plénière internationale intitulée « Green Economy Perspectives in an Unpredictable Global Scenario ». Organisée en collaboration avec Italy for Climate, cette rencontre doit examiner les principales évolutions de la transition écologique mondiale dans un contexte international marqué par l’incertitude.

 

Plus de 1 800 marques exposantes et une présence internationale renforcée

Les chiffres de cette 29ᵉ édition témoignent de l’ampleur prise par Ecomondo sur la scène internationale.

Le salon occupe 30 pavillons et une superficie brute de 170 000 m². Il rassemble plus de 1 800 marques exposantes, avec une progression de 19 % du nombre d’exposants étrangers par rapport à l’édition précédente.

Plus de 1 000 acheteurs invités sont également attendus, en collaboration avec le MAECI, le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, et l’ICE, l’agence italienne chargée de la promotion du commerce extérieur et de l’internationalisation des entreprises.

Ces acheteurs proviennent notamment d’Europe, du Moyen-Orient, d’Inde, du Pakistan, de Chine, d’Asie du Sud-Est, d’Afrique du Nord, d’Afrique subsaharienne, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine.

À cette présence s’ajoutent plus de 60 représentants d’associations internationales et de nombreux membres associés issus de différents pays, parmi lesquels l’Égypte, le Maroc, la Grèce, la Serbie, la Hongrie, l’Espagne et l’Afrique du Sud.

Le dispositif international comprend également 14 pavillons collectifs réunissant plus de 100 entreprises venues d’Autriche, de Belgique, du Canada, du Chili, de Chine, du Danemark, d’Allemagne, de Norvège, de République tchèque, de Slovaquie, d’Espagne et de Suisse.

Autre évolution notable : le Mexique devient le premier pays invité de l’histoire d’Ecomondo. Cette initiative marque une nouvelle étape dans l’ouverture internationale du salon et dans sa volonté de développer des relations avec des marchés situés au-delà de son ancrage européen.

 

L’Afrique au cœur du dispositif de coopération et de rencontres d’affaires

La dimension internationale de cette édition se traduit également par une attention particulière accordée au continent africain.

Un nouvel espace est consacré aux rencontres d’affaires et à la mise en réseau avec les associations africaines. Cette initiative vise à faciliter les échanges entre les entreprises, les organisations professionnelles et les acteurs du secteur environnemental.

La présence de pays comme le Maroc et l’Égypte parmi les membres associés illustre l’intérêt porté aux marchés d’Afrique du Nord, où les questions de gestion de l’eau, de traitement des déchets, d’efficacité énergétique et de valorisation des ressources occupent une place importante dans les politiques de développement.

Pour les entreprises et les institutions de ces pays, Ecomondo représente ainsi un espace de contact avec les technologies, les opérateurs industriels et les partenaires susceptibles d’accompagner leurs projets de transition écologique.

Cette ouverture africaine s’inscrit dans une stratégie plus large d’internationalisation du salon, qui cherche à renforcer les coopérations entre l’Europe et les marchés émergents.

 

Finance, villes circulaires et réglementation au programme du 4 novembre

Le programme scientifique et professionnel se poursuit le mercredi 4 novembre avec plusieurs rencontres consacrées aux grands défis de la transition écologique.

La cinquième édition du Forum de la Bonne communication abordera la question de la communication environnementale à travers le thème : « Communiquer sur le fil du rasoir – La transition durable entre urgence environnementale et cohésion sociale ». Organisé par le comité technico-scientifique d’Ecomondo en collaboration avec la FERPI, le rendez-vous prévoit également la participation du ministère italien de l’Environnement et de l’Ordre des journalistes d’Émilie-Romagne.

Le secteur financier sera également au centre des discussions avec une rencontre consacrée aux plans de transition climatique et à la gestion des risques ESG, autour du rôle des entreprises et des investisseurs. Elle est organisée en collaboration avec le Forum pour la finance durable.

Dans le domaine industriel, le Paper District GDO & Grocery Summit réunira les acteurs de la grande distribution et de la filière papier et graphique. Une autre rencontre portera sur les relations entre économie circulaire et défense, en examinant les besoins et les opportunités pour l’industrie italienne et européenne.

Les villes et le secteur de la construction feront également l’objet de plusieurs discussions. Deux rendez-vous sont notamment consacrés à la valorisation des ressources issues du secteur urbain, avec un accent sur les mines urbaines et le développement des villes circulaires. Ces rencontres sont organisées avec la participation de Green Building Council Italy, de l’Université polytechnique des Marches et de l’Université de Bologne.

Enfin, les évolutions réglementaires seront abordées à travers une conférence consacrée au futur Circular Economy Act et aux nouveaux défis liés à la gestion des déchets, organisée en collaboration avec UTILITALIA.

Le programme complet des conférences et rencontres est disponible sur le site officiel : www.ecomondo.com/eventi

 

Une plateforme internationale soutenue par un vaste réseau de partenaires

Ecomondo 2026 est organisé par Italian Exhibition Group avec la collaboration d’un important réseau d’institutions nationales, européennes et internationales. Parmi les partenaires figurent notamment la Commission européenne, l’ONUDI à travers son Bureau de promotion des investissements et de la technologie (ITPO), la FAO, l’OCDE, l’Agence européenne pour l’environnement, ainsi que plusieurs organisations professionnelles et scientifiques.

Le dispositif associe également le ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, le MAECI, le ministère des Entreprises et du Made in Italy, l’ICE, la région Émilie-Romagne et la ville de Rimini.

Des organismes spécialisés dans les déchets, le recyclage, l’énergie, l’eau, la bioéconomie et les technologies environnementales complètent ce réseau, parmi lesquels ENEA, ISPRA, ISWA, Legambiente, FEAD, Water Europe, UTILITALIA et le Consortium national italien des emballages (CONAI).

Cette diversité de partenaires reflète le caractère transversal de l’économie circulaire, qui mobilise désormais des secteurs industriels, des institutions publiques, des organismes de recherche et des réseaux internationaux.

Ecomondo 2026 se poursuit jusqu’au 6 novembre à Rimini. Au-delà des chiffres de fréquentation et de la diversité des exposants, cette édition met en évidence une évolution du débat sur la transition écologique : celle-ci est de plus en plus abordée comme une question de politique industrielle, de sécurité des ressources et de positionnement économique international. Reste à savoir dans quelle mesure les solutions présentées à Rimini pourront se traduire en investissements, en coopérations concrètes et en transformations durables des modèles de production.

A propos Houcine ABENKCER 1052 Articles
Cofondateur et rédacteur en chef du journal électronique LeVert.ma

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