
Les oranges marocaines destinés au marché néerlandais ont été interceptées et pour cause. Les clémentines marocaines contiennent des résidus de chlorpyrifos, un insecticide et acaricide classé comme « très toxique » par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).
Super star du marché mondial, la clémentine marocaine vient de prendre un sérieux coup avec son interdiction aux Pays-Bas. Réputée pour ses qualités gustatives et nutritionnelles exceptionnelles, la clémentine marocaine a été interceptée par le réseau d’alerte rapide européen pour l’alimentation humaine et animale, RASFF.
L’organisme de surveillance alimentaire européen a pris au sérieux une alerte de l’Autorité pour la sécurité des aliments et des produits de consommation néerlandaise (NVMA) qui a retiré les oranges importées du Maroc avant même leur entrée aux supermarchés.
L’organisme de contrôle indique que des résidus du produit phytopharmaceutique chlorpyrifos ont été trouvés dans un rapport de 0,017 mg/kg – ppm. Soit un taux très élevé par rapport à la limite fixée à 0,01 mg/kg – ppm, depuis l’interdiction de son utilisation sur le sol européen en décembre 2019.
En effet, les autorités frontalières néerlandaises n’ont pas laissé entrer les oranges marocaines afin de ne pas mettre en danger la santé des consommateurs. Le cas a été classé comme grave par le RASFF.
Quel impact du chlorpyrifos sur la santé des Marocains ?
Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture marocain, de la Pêche, du Développement rural, des Eaux et Forêts, est toujours aux abonnés absents.
Ce silence coupable de la tutelle en dit long sur la gestion catastrophique de la protection phytosanitaire au Maroc.
L’interdiction sur le marché néerlandais signifie, par ricochet, l’interdiction dans l’ensemble des pays de l’Union européenne d’autant plus qu’une alerte pareille a été émise en août 2021 via le système d’alerte rapide RASFF par les autorités danoises, après avoir détecté «une forte présence» de ce pesticide dans un lot d’oranges en provenance du Maroc.
Pire, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourrait faire de même en raison du danger avéré du chlorpyrifos pour l’homme, en particulier les enfants, mais aussi pour le danger qu’il présente pour la vie aquatique.
Outre les répercussions désastreuses pour les producteurs exportateurs nationaux, celles en relation avec la santé des Marocains ne doivent pas être en reste. A plus forte raison que cet insecticide est utilisé dans plusieurs cultures de fruits et légumes ici-bas.
Qu’en est-il dès lors de la santé des Marocains ? L’usage continue de cette substance dangereuse pour leur santé soulève moult interrogations sur le contrôle phytosanitaire, en particulier, concernant les pesticides utilisés dans les champs d’agrumes dont la production est destinée au marché local.
L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) avait annoncé en mai de l’année 2020 une réévaluation du pesticide « chlorpyrifos » après son interdiction fin 2019 en Europe. Mais, depuis ce temps rien n’a été concrétisé sur le terrain.
Une question qui demeure doublement légitime quand on sait que l’ONSSA s’est penché après cette date sur la révision du code de procédure des produits pesticides à usage agricole ! Affaire à suivre

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