
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable planche sur l’introduction, pour la première fois au Maroc et dans la région MENA, d’une gestion intégrée de l’eau en milieu urbain. Un mégaprojet qui prévoit également de nouvelles stations de dessalement d’eau de mer, à commencer par Al Hoceïma et Tarfaya.
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) vient d’entamer un mégaprojet dans le secteur de l’eau. Ce chantier introduira, pour la première fois au Maroc et même dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), une nouvelle approche de gestion intégrée des ressources en eau en milieu urbain. Un mode de gestion jugé innovant et reposant sur une meilleure coordination entre l’ONEE (Branche-Eau), les Agences des bassins hydrauliques ainsi que les municipalités.
L’objectif est de rendre les villes marocaines durables et résilientes via une gestion plus optimisée de l’offre et de la demande en eau, en améliorant à la fois la gouvernance, les réseaux urbains d’alimentation en eau, tout en adoptant une vision globale de toutes les étapes du cycle de vie de l’or bleu en milieu urbain.
Ceci pour faire face à la pénurie d’eau, à la croissance rapide de la population urbaine, de la pollution et des interactions non optimisées entre l’eau et d’autres secteurs (énergie, agriculture, industrie, tourisme, ménages notamment).
Selon nos informations, l’introduction de la gestion intégrée des ressources en eau concerne dans une première phase trois régions du Royaume – Al Hoceïma, Sidi Ifni et Tarfaya –, qui font face à un important écart entre offre et demande.
Ces villes bénéficieront, chacune, d’une usine de dessalement de l’eau de mer de taille moyenne à réaliser dans le cadre d’un partenariat public-privé. C’est ainsi que l’ONEE a lancé en septembre dernier un appel d’offres pour la réalisation d’une station de dessalement dans la ville d’Al Hoceïma et d’un appel à manifestation pour le renforcement de l’alimentation en eau potable de Tarfaya par dessalement de l’eau de mer. Sur la base des infrastructures et des conditions d’alimentation actuelles, les prévisions indiquent que le déficit offre/demande en eau potable à Al Hoceïma passerait de 15% en 2015 à 50% en 2030.
Celui de Sidi Ifni atteindrait 40% à l’horizon 2030 et de Tarfaya 50%. Globalement au Maroc, la demande en eau devrait passer d’environ 13,5 milliards de mètres cubes en 2015 à 16,5 milliards en 2030, soit un déficit de 2 à 5 milliards de mètres cubes, sur la base des conditions actuelles d’alimentation et de l’évolution de la population.
L’objectif de l’ONEE est d’étendre par la suite la gestion intégrée des ressources en eau à d’autres régions du pays en se basant, notamment, sur le renforcement de la coordination institutionnelle pour une gouvernance innovante du secteur.
Source : Moncef Ben Hayoun/LE MATIN

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