
L’Organisation météorologique mondiale présentait jeudi dernier à New York sa déclaration annuelle sur le climat. Tous les voyants sont au rouge et des «phénomènes extrêmes» sont d’ores et déjà annoncés pour 2017. L’influence des activités humaines est clairement mise en cause.
La Terre se réchauffe bien plus vite que prévu et les climatosceptiques n’auront bientôt plus aucun argument pour contester ce verdict établi par l’Organisation météorologique mondiale . Plus que jamais, sa parole fait autorité car on connaît son versant pour l’observation maintes fois vérifiée avant de se prononcer. La dégradation du climat mondial va si vite que le 8 novembre dernier, l’OMM qualifiait la période 2011 et 2015, de «chaude et fantasque». Et bien, la période quinquennale «la plus chaude jamais enregistrée» vient de perdre son statut de tête sur le podium des mesures.
L’année 2017 sous tension
Dans sa déclaration annuelle, l’OMM estime que l’année 2016 «restera dans les annales». Elle annonce aussi des «phénomènes extrêmes et des tendances insolites pour 2017». Lequel plat ne se mangera pas froid et ne sera pas sans conséquences.
La hausse moyenne des températures par rapport à l’époque préindustrielle a atteint, «chose remarquable», 1,1 °C, soit 0,06 °C de plus que le record précédent établi en 2015. «Cette augmentation s’inscrit dans la logique des autres changements intervenant dans le système climatique», souligne le Secrétaire général de l’Organisation, Petteri Taalas. Tous les records ont en effet été pulvérisés : concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, élévation du niveau des océans et de leurs températures, fonte des glaces de mer, sécheresses, inondations et leurs cohortes de réfugiés climatiques …
Les climatologues en territoire inconnu
Par ricochet, toutes les autres données climatiques, s’affolent. «Alors même que le puissant Niño de 2016 s’est dissipé, nous assistons aujourd’hui à d’autres bouleversements dans le monde que nous sommes bien en peine d’élucider : nous touchons ici aux limites de notre savoir scientifique et nous avançons maintenant en territoire inconnu», commente le directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, David Carlson. Qui demande que la recherche se concentre sur l’élaboration d’outils performants à l’image du satellite Microcarb mis au point au Cnes à Toulouse en vue de mesurer les émissions de CO2 émises par chaque pays.
Il y a urgence. Au moins trois fois à ce jour cet hiver, l’Arctique a connu l’équivalent polaire d’une vague de chaleur sous l’effet de l’afflux chaud et humide des violentes tempêtes en Atlantique. «Autrement dit, même au cœur de l’hiver arctique et de la période d’embâcle, il y a eu des jours où l’on était proche du point de fusion». Et l’Arctique où la banquise a atteint des minimum record n’a pas été épargné.
D’après les conclusions des chercheurs, ces changements entraînent, à plus grande échelle, une modification des régimes de circulation océanique et atmosphérique qui se répercutent sur les conditions météorologiques dans d’autres régions du monde par le biais des ondes du courant-jet. Lequel courant d’air rapide contribue à réguler les températures et protéger la vie. L’écologie aujourd’hui est loin d’être un vain mot.
Levert by La dépêche

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