
L’efficacité énergétique, principe structurant de la transition énergétique, a pris part dans l’avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui a été publié récemment au Bulletin officiel.
Pour permettre à l’Efficacité énergétique de jouer pleinement son rôle dans la transition énergétique, le CESE place l’AMEE comme acteur majeur et propose deux mesures phares :
- Un contrat programme entre l’AMEE et l’état
- La mise en place d’un fond national d’efficacité énergétique
Dans ce sens, et compte tenu de la nouvelle position de l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Energétique AMEE sous la tutelle du département de l’industrie lui permettant d’élargir son périmètre d’actions en intégrant celui de l’économie verte, le CSE recommande de confier à l’AMEE une batterie de missions, s’adressent aussi bien aux citoyens comme aux entreprises quel que soit leurs tailles.
Ces missions vont de l’accès à des lignes de crédits à 0% et des subventions aux entreprises et aux citoyens au profit de projets permettant la réalisation d’économie d’énergie, à la mise en œuvre des normes de performance énergique et de la norme ISO 50001, en passant par la régulation des importations et la commercialisation des produits énergivores. D’autres mesures sont détaillés dans le BO publié.
Le conseil ambitionne de construire des scenarii à l’horizon 2030, 2040 et 2050. Avec l’accompagnement d’experts nationaux, il a auditionné 63 spécialistes du secteur et parties prenantes : les départements ministériels, MASEN, l’ONEE, l’IRESEN, l’AMEE, l’OCP et la CGEM.
En 2019, les hydrocarbures essentiellement destinés au transport dominent le mix énergétique avec 52% suivis par le charbon (33%) destiné à la production d’électricité. Les coûts des énergies renouvelables sont désormais les plus compétitifs. En 2015, les derniers appels d’offres éoliens au Maroc ont été adjugés à 0,30 dirham/kWh tandis que dans le domaine du photovoltaïque, le dernier appel d’offres dans la région Moyen-Orient a été attribué à un tarif équivalent à 0,13 dirham/kWh dans des conditions similaires à celles du royaume, est-il rappelé.
Le conseil est persuadé que le Maroc peut passer d’une dépendance énergétique de près de 88% aujourd’hui à 35% en 2040 et moins de 17% en 2050. Quant au coût moyen de l’électricité sur le réseau, il connaîtrait une baisse de 0,79 dirham/kWh aujourd’hui à 0,61 dirham/kWh en 2040 et 0,48 dirham/kWh en 2050.
Au niveau continental, le CESE recommande un engagement marocain pour l’électrification de l’Afrique ainsi que la mise en place des infrastructures pour l’échange d’électricité propre avec l’Afrique de l’Ouest, en particulier. Au niveau international, le Maroc a les atouts pour prendre une place dans la nouvelle économie verte et notamment la filière hydrogène.


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