Coup d’envoi de la saison de chasse 2026-2027 à Marrakech

L’ANEF et la FRMC scellent un pacte pour une chasse durable et un tourisme cynégétique d’excellence

C’est depuis le Palais des Congrès de Marrakech que l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) et la Fédération Royale Marocaine de Chasse (FRMC) ont donné, vendredi 02 octobre 2026, le coup d’envoi officiel de la saison de chasse 2026-2027.

Organisée sous le thème porteur « La chasse touristique au Maroc : Une richesse naturelle au service du développement durable »,  cette journée d’étude et de sensibilisation régionale dépasse le simple rituel administratif d’ouverture. Elle confirme la montée en puissance d’un secteur stratégique pour le Maroc rural, à la croisée de la conservation de la biodiversité, de l’attractivité touristique et de l’emploi local.

La rencontre a été présidée par M. Abderrahim Houmy, Directeur Général de l’ANEF, aux côtés de M. Ahmed Moussaoui, Président de la FRMC, en présence d’un parterre de chasseurs, de présidents d’associations cynégétiques, de 146 sociétés de chasse touristique, d’autorités locales et de partenaires institutionnels.

Indicateurs au vert, preuve du succès de « Forêts du Maroc 2020-2030 ».

Dans son allocution, M. Houmy a dressé un bilan éloquent de la stratégie nationale. La saison écoulée 2025-2026 a confirmé la vitalité du secteur : Plus de 65.000 chasseurs marocains et près de 5.000 chasseurs touristes ont pratiqué leur passion au Maroc.

Le nombre de lots de chasse amodiés est passé de 1.278 lots en 2020-2021 à 1.737 lots en 2025-2026.La superficie amodiée a bondi de 3,35 millions d’hectares à 4,39 millions d’hectares en cinq ans.

« L’amodiation du droit de chasse n’est plus une simple location. C’est devenu le principal mécanisme de gestion durable de nos ressources cynégétiques, garantissant l’exploitation dans le respect des équilibres écologiques », a souligné le DG de l’ANEF.

Une performance qui illustre que la chasse, lorsqu’elle est encadrée, devient un outil de conservation. Chaque lot amodié implique pour son bénéficiaire des obligations : repeuplement, surveillance anti-braconnage, aménagement de points d’eau, suivi sanitaire de la faune.

 La chasse touristique, nouveau produit d’appel du Maroc rural

Le cœur de la journée a été consacré à la chasse touristique. Avec 146 sociétés spécialisées, le Maroc s’impose comme destination internationale pour la chasse à la perdrix gambra, au sanglier, à la tourterelle, et désormais… à l’arc.

La présentation régionale de Marrakech-Safi a mis en évidence l’énorme potentiel de l’arrière-pays d’Essaouira, Chichaoua et El Kelaâ : des écosystèmes d’arganeraie et de jbel qui peuvent générer des revenus directs pour les communes rurales, à travers les redevances, le gardiennage, l’hébergement et la restauration.

Des ateliers pratiques sur la chasse à l’arc, nouveau produit cynégétique à forte valeur ajoutée, ont suscité un vif intérêt. Une pratique silencieuse, éthique et sélective, qui séduit une clientèle internationale haut de gamme et diversifie l’offre touristique nationale.

La manifestation a également été marquée par la présentation de l’ouvrage de référence « Gibiers emblématiques du Maroc », réalisé par l’ANEF, véritable plaidoyer scientifique pour la connaissance et la préservation de notre patrimoine faunistique.

Le terrain comme école : éthique et transmission

Fidèle à son approche de terrain, l’ANEF a tenu à sortir des salles climatisées. Le programme s’est achevé par une visite d’un lot de chasse touristique modèle avec au menu : la découverte des infrastructures, simulation sans armes d’un lâcher de perdrix pour chasse collective, et deux présentations techniques sur la gestion d’une battue et la pratique de l’arc.

Un moment fort a été l’hommage rendu à plusieurs chasseurs chevronnés de la région, distingués pour leur rôle de sentinelles et de transmetteurs. Car la chasse durable est avant tout une affaire de culture et d’éthique.

Un engagement réaffirmé

En clôture, l’ANEF et la FRMC ont réaffirmé leur engagement commun, en parfaite cohérence avec la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 » : Poursuivre le renforcement de la gouvernance, la formation des chasseurs, la lutte contre le braconnage et la préservation des habitats, pour un équilibre entre biodiversité, gestion durable, valorisation des espaces ruraux et développement socio-économique.

Le message de Marrakech est clair : la chasse marocaine ne veut plus être perçue comme un simple loisir. Elle s’affirme comme une filière économique verte, créatrice de valeur pour les territoires les plus enclavés, à condition que tous les acteurs – chasseurs, professionnels, associations et autorités – jouent collectif pour la pérennité d’un patrimoine qui appartient aux générations futures. La saison 2026-2027 est lancée. Place à une chasse responsable, éthique et sécurisée.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.