KEY 2026 à Rimini : Lorsque la transition énergétique entre dans sa phase critique

Explosion de la demande électrique, essor des renouvelables et révolution industrielle de l’hydrogène marquent les discussions du grand rendez-vous européen de l’énergie.

RIMINI, 5 mars 2026.Après une inauguration prometteuse le 4 mars, le KEY – The Energy Transition Expo a trouvé sa vitesse de croisière ce mercredi au Rimini Expo Centre. Plus qu’un simple salon professionnel, cette plateforme internationale est devenue, le temps de quelques jours, le quartier général de la transition énergétique européenne. Entre annonces ministérielles, chiffres choc sur la consommation électrique et diplomatie industrielle, les « Actualités Quotidiennes » de cette seconde journée dessinent une carte postale sans concession de l’énergie de demain.
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Par la Rédaction
L’ambiance est électrique au Rimini Expo Centre. Si l’ouverture officielle hier a posé les jalons politiques, ce 5 mars marque le début des travaux de fond. Organisé par l’Italian Exhibition Group, le KEY 2026 rassemble toute la chaîne de valeur, du producteur au consommateur, avec une ambition claire : transformer les engagements climatiques en réalités industrielles. Au programme de cette journée intense : cinq chantiers majeurs qui structurent l’avenir du secteur.

Le choc de la demande : quand l’IA menace l’équilibre du réseau

Le ton a été donné dès l’aube lors du Sommet Clé sur l’Énergie. En présence de Gilberto Pichetto Fratin, ministre de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, une étude d’Althesys (groupe TEHA) a jeté un pavé dans la mare. Le système électrique européen est sous tension, et l’Italie en est le baromètre.
Le chiffre qui retient tous les suffrages : 69 GW. C’est le volume des demandes de raccordement au réseau émanant des centres de données. Si ces infrastructures ont consommé moins de 2 % de l’électricité du pays en 2024, les prévisions Snam-Terna pour 2035 envisagent une explosion à entre 7,4 % et 12,7 % de la consommation finale. Face à cette vague numérique, Corrado Peraboni (PDG d’IEG) et Maria Sicilia Salvadores (AIE) ont appelé à une gouvernance renforcée. La table ronde qui a suivi a réuni les patrons des principales associations (Elettricità Futura, ANIE Rinnovabili, ITALIA SOLARE, etc.), sous la conclusion de Vinicio Mosè Vigilante (GSE) et Lennart van Walsum (Global Solar Council). Le message est clair : le découplage des prix du gaz et un prix unique national ne sont plus des options, mais des urgences.

Diplomatie de l’hydrogène : l’axe Rome-Berlin se resserre

La transition ne se fait pas en silo. Dans un espace dédié au Dialogue International sur l’Hydrogène, l’Italie et l’Allemagne ont affiché leur volonté de synchroniser leurs stratégies. Organisé par un consortium incluant Hannover Fairs et H2IT, l’événement a dépassé le stade des déclarations d’intention.
Après les mots de Benjamin Hanna, Ambassadeur adjoint d’Allemagne, les directeurs de division Fabrizio Penna (MASE) et Patricia Schikora (Ministère fédéral allemand de l’Économie) ont aligné leurs visions. Luigi Crema (Hydrogen Europe) a rappelé l’état de l’art technologique, tandis que la table ronde finale, réunissant VNG Italia, FluxSwiss, Ansaldo Green Tech et Intesa Sanpaolo, a prouvé que les projets concrets de collaboration mondiale sont déjà en marche. L’hydrogène n’est plus une promesse lointaine, c’est un dossier diplomatique actif.

Le nerf de la guerre : EPC et financement des renouvelables

Construire des centrales est une chose, trouver l’argent pour les bâtir en est une autre. La session « EPC et Financement », organisée par Elemens et KEY, a mis les pieds dans le plat. Le marché italien est dynamique : en 2025, 9,5 GW de projets solaires et 1,5 GW de projets éoliens ont été autorisés. Mais entre la autorisation et la mise en service, le chemin est semé d’embûches réglementaires et financières.
Les directeurs de MASE, GSE et Terna (Federico Boschi, Davide Valenzano, Mauro Caprabianca) ont détaillé l’évolution des dispositifs FER-X, FER-Z et MACSE. Pendant ce temps, banquiers et industriels débattaient de la « bancabilité » des projets et de l’effet de levier nécessaire pour soutenir les contrats EPC (Ingénierie, Approvisionnement, Construction) dans un contexte géopolitique instable marqué par la loi NZIA (Net Zero Industry Act).

L’innovation à l’honneur : le Prix Lorenzo Cagnoni

Au milieu des débats macroéconomiques, le salon n’oublie pas ses artisans : les innovateurs. Le Prix de l’Innovation Lorenzo Cagnoni a récompensé l’excellence technologique sur le plancher de l’expo. Sept entreprises ont été distinguées pour leurs projets de pointe, dont IGreen System, Meteodyn, Clivet, CRRC Zhuzhou Institute, Alperia Green Future, Dragone Energy et ENEA.
Le Pôle Innovation a également mis en lumière sept start-ups prometteuses (Taleta, Northernlight, I-Tes, CO2CO, AI-Cure, Powandgo, Enercade), couvrant tous les secteurs du solaire à la ville durable. Remises par une délégation incluant Maurizio Ermeti (IEG) et des représentants de la Confindustria et de l’ICE Agency, ces récompenses soulignent que la transition repose aussi sur des ruptures technologiques de terrain.

Mobilité électrique : le défi du dernier kilomètre

Enfin, parce que l’énergie doit bien servir à quelque chose, la conférence sur Le réseau de recharge des voitures électriques a clôturé les temps forts de la journée. Organisée par GSE et Motus-E, elle a réuni opérateurs et régulateurs pour un état des lieux sans fard.
Sous la présidence de Fabio Pressi (Motus-E), les débats ont porté sur le rôle des gestionnaires de réseaux (GRD) et la dynamique tarifaire. Avec l’intervention d’acteurs majeurs comme IONITY, Enel X Way, Edison Next et ARERA, la discussion s’est concentrée sur le Plan national d’infrastructure (PNIRE). Le consensus est unanime : sans un réseau de recharge efficace, la mobilité électrique restera une transition inachevée.

Pourquoi KEY 2026 est un tournant

Au-delà de l’effervescence du Rimini Expo Centre, ce 5 mars 2026 restera comme une date charnière. KEY – The Energy Transition Expo a réussi son pari : transformer une exposition commerciale en un laboratoire d’idées opérationnel.
L’importance de cet événement réside dans sa capacité à confronter les réalités contradictoires de la transition : une demande électrique qui explose avec le numérique, une nécessité de coopération transfrontalière (comme sur l’hydrogène), et des défis de financement qui restent le principal goulot d’étranglement. En réunissant ministres, banquiers, ingénieurs et start-ups, le KEY 2026 a posé les bases d’une feuille de route commune. Pour l’industrie européenne et méditerranéenne, le message est limpide : la technologie est prête, les projets sont autorisés, il est maintenant temps de financer et de construire à la hauteur des ambitions climatiques.

 

 

 

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A propos Houcine ABENKCER 1050 Articles
Cofondateur et rédacteur en chef du journal électronique LeVert.ma

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