
La vision marocaine à propos de la conférence internationale sur les changements climatiques COP22, prévue en novembre prochain à Marrakech, a été présentée à la semaine dernière à Athènes par Saïd Mouline, responsable du pôle partenariat public-privé au comité de pilotage de la COP22.
Lors de cette présentation donnée à l’occasion d’un débat organisé par l’ambassade du Maroc en Grèce sur le thème «Changements climatiques : enjeux et défis», en présence de responsables et d’associatifs grecs, Saïd Mouline a souligné que ce sommet mondial sur les changements climatiques sera certainement celui des solutions et de l’action pour un réel engagement des Etats en faveur des énergies propres et une réduction notable des émissions à effet de serre.
Saïd Mouline qui dirige depuis 2010 l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE), a indiqué que le Maroc s’est fixé quatre priorités pour la COP22 à savoir en premier la question des financements qui a dominé les discussions lors de la COP21 à Paris, notant que l’Afrique n’a pu bénéficier jusque-là que d’un pourcentage dérisoire des financements de projets prévus dans l’accord de Kyoto à savoir 2%.
Et d’ajouter que les 100 milliards d’euros par an prévus dans l’accord de Paris restent également insuffisants au vu des attentes, sachant que 600 millions africains n’ont pas accès au réseau électrique.
Parmi les autres priorités à l’agenda de la COP22, il a, également, mis l’accent sur renforcement des capacités des pays du sud et le transfert des technologies, plaidant pour la gouvernance et la création d’institutions d’accompagnement.
Tout en notant que l’accord de Paris a été signé à ce jour par 60 pays responsables de 48% des émissions de gaz à effet de serre, il a appelé les grands pollueurs à accélérer la procédure d’adoption de ce texte, notamment l’Union européenne. Il a relevé, à ce propos, que l’accord de Paris, fruit de longues années de négociations, permet aujourd’hui une réelle implication des pays signataires, appelés plus que jamais à s’inscrire dans une logique de production propre.
Evoquant, par ailleurs l’expérience marocaine face aux changements climatique, Saïd Mouline a fait savoir que le Maroc a amorcé en 2009 sa transition énergétique, se positionnant aujourd’hui comme un pays leader dans les domaines des énergies renouvelables (solaire, hydraulique, éolienne) alors que le consommateur marocain génère sept fois moins d’émissions de gaz à effet de serre que le consommateur européen. Autant d’efforts qui permettent aujourd’hui au Maroc d’assurer une meilleure transition énergétique et faire sereinement face aux multiples défis posés, notamment par la préservation des ressources et la réduction de la facture énergétique, a-t-il conclu.
Organisée en collaboration avec le ministère grec de l’environnement, l’ambassade de France en Grèce et l’ONG Ecocity, cette rencontre-débat animée a été consacrée à l’évocation des principales questions qui seront à l’ordre du jour lors de la conférence internationale COP22 prévue du 7 au 18 novembre prochain à Marrakech.
Les intervenants, des diplomates, des experts et des associatifs, ont également donné des éclairages sur l’apport et la portée de l’accord de Paris issu de la précédente COP21 qui engage les pays signatures à réduire les émissions de gaz à effet de serre, de renforcer la résilience et d’agir ensemble pour lutter contre les changements climatiques.


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