
Azrou – Face aux pressions croissantes qui pèsent sur les cédraies et les parcours pastoraux du Moyen Atlas, chercheurs, éleveurs et représentants de la société civile ont débattu, le 20 juin à Azrou, des moyens de concilier préservation des écosystèmes, santé animale et développement des communautés locales. Organisée autour de l’approche « One Health » (« Une seule santé »), la rencontre entend promouvoir une gestion intégrée d’un territoire confronté aux effets du changement climatique et à la dégradation progressive de ses ressources naturelles.
Accueillie par le Centre d’Azrou pour le développement communautaire de l’Université Al Akhawayn, la conférence scientifique intitulée « Cédraies, parcours et communautés : l’approche One Health au service de la résilience du Moyen Atlas » a réuni des chercheurs, des gestionnaires des eaux et forêts, des associations et des représentants des communautés locales de Timahdite.
L’événement a été organisé par l’Association Ibn Al Baytar, en collaboration avec l’Association One Health, la Coalition des Associations pour le Développement Global et Durable, le Centre d’Azrou pour le Développement Communautaire d’Al Akhawayn et l’Association Provinciale pour le Développement des Zones Montagneuses d’Ifrane. Il s’inscrit dans le cadre du projet « Valorisation et gestion durable de la biodiversité par la participation active et inclusive des communautés locales de Timahdite ».
Un patrimoine naturel confronté à de multiples défis
Le Moyen Atlas constitue l’un des principaux réservoirs de biodiversité du Maroc et un important château d’eau. Il abrite les plus vastes cédraies d’Afrique du Nord ainsi que de vastes parcours pastoraux qui assurent les moyens de subsistance de milliers de familles.
Ce patrimoine fait toutefois face à des défis grandissants. Changement climatique, surpâturage, dégradation des parcours, raréfaction des ressources en eau et mutations socio-économiques fragilisent progressivement les équilibres écologiques et les activités pastorales de la région.
Dans ce contexte, les organisateurs ont mis en avant l’approche One Health, qui repose sur le principe selon lequel la santé des écosystèmes, celle des animaux et celle des populations humaines sont étroitement liées. Selon cette approche, la préservation des cédraies contribue également à protéger les ressources en eau, l’élevage et, à terme, la sécurité alimentaire des communautés locales.
Deux conférences pour dresser un état des lieux
La matinée s’est articulée autour de deux conférences scientifiques.
La première, animée par Dr Rajae El Aoud, a présenté l’approche One Health comme un outil de gestion intégrée du développement durable. Son intervention a souligné la nécessité de rapprocher la gestion forestière, la santé animale et le bien-être des populations dans une stratégie commune, afin de sensibiliser les acteurs locaux et de dépasser les approches sectorielles.
La seconde conférence, assurée par Dr Abdelaziz Chergaoui, a été consacrée à l’état des parcours du Moyen Atlas central. À partir d’une caractérisation de ces espaces et de leur évolution, il a mis en évidence plusieurs facteurs de pression, notamment la diminution du couvert végétal, l’allongement des périodes de sécheresse et les difficultés de régénération du cèdre. Autant d’éléments qui, selon lui, permettent d’appuyer les décisions futures sur des constats scientifiques.
Faire dialoguer la recherche et les communautés
Les échanges qui ont suivi ont réuni chercheurs, gestionnaires des eaux et forêts, représentants associatifs et membres des communautés de Timahdite autour d’une question centrale : comment intégrer davantage la biodiversité dans les stratégies locales de développement durable ?
Les discussions ont mis en avant la nécessité de renforcer le dialogue entre le monde scientifique et les populations locales, afin que les connaissances produites par la recherche puissent éclairer les pratiques pastorales, tout en tenant compte de l’expérience acquise sur le terrain par les communautés concernées.
La rencontre s’est achevée sur un constat partagé autour de la nécessité de construire une gestion concertée des cédraies et des parcours, fondée sur un diagnostic commun et sur les principes de l’approche One Health.
Le projet « Valorisation et gestion durable de la biodiversité par la participation active et inclusive des communautés locales de Timahdite », porté par l’Association Ibn Al Baytar, vise précisément à renforcer les capacités des communautés locales afin de promouvoir une gestion durable de leur environnement, en plaçant la biodiversité au cœur des initiatives de développement local.

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