
Dans sa dernière publication, le CESE relève que l’impact des programmes et projets de développement en milieu rural restent insuffisants face aux besoins de la population rurale. Le rapport de l’établissement, intitulé «Le développement du monde rural : défis et perspectives», a également mis en exergue la vision du CESE à l’horizon 2050.
Selon le conseil, par exemple, le taux d’analphabétisme de ces populations souvent enclavées, et notamment des petites filles, demeure élevé et la pauvreté et la précarité qui concerne ces zones n’améliore pas la situation. Plusieurs secteurs sont touchés tels que l’éducation, l’électrification, l’accès à l’eau, le désenclavement, les équipements et l’amélioration de la valeur ajoutée agricole, objets de plan étatique ambitieux tels que l’INDH et le Plan Maroc Vert.
Bien sûr, le monde rural fait partie d’une des principales préoccupations des politiques en raison «de son importance démographique, sociale et économique». Et pour cause, c’est 90% de la superficie totale du pays et il représente quelque 13,5 millions de Marocains soit 40% de la population totale du royaume. Le monde rural constitue 85% des communes, autrement dit il existe 1282 communes rurales sur 1503.
Des discriminations et des clichés qui ont la peau dure
Concernant les discriminations que subissent ces populations, elles sont surtout d’ordre traditionnel et culturel, mais très ancrées dans les mœurs. Le comportement et les clichés, préjugés et stéréotypes envers la population rurale découlent de croyances, «surtout par l’image négative et parfois les termes dégradants utilisés pour nommer les habitants du monde rural», explique le rapport. «Les études sociologiques et anthropologiques récentes traitant ces phénomènes sont limitées. Néanmoins, force est de constater que l’on continue à utiliser des expressions de nature péjoratives à l’encontre des populations rurales en raison du faible développement du monde rural», poursuit l’écrit.
De même, pour l’accès à l’eau potable qui reste l’un des principaux objectifs à atteindre notamment par le «Programme d’approvisionnement groupé en eau potable des populations rurales (PAGER) [qui vise] à porter le taux d’accès de 14% en 1995 à 80% en 2010». Aujourd’hui, l’accès à l’eau potable du réseau ne dépasse pas 55,3% fin 2014, et les branchements à domicile représentent seulement 39,7%. Et d’ajouter que «l’objectif de généralisation s’est avéré difficile parce que certains paramètres, comme la mise à niveau du réseau de raccordement, n’ont pas été pris en compte. En outre, il faut préciser que 3,5 millions de personnes ne bénéficient toujours pas d’un approvisionnement régulier».
Tant d’aspects et de facteurs que met en exergue le CESE à travers cette étude poussée afin d’apporter un éclairage et une prise de conscience quant à l’aide nécessaire aux populations enclavées, aux zones reculées et montagneuses et au monde rural en général. Le rapport a aujourd’hui été adopté devrait servir de base de travail pour le gouvernement et les autorités pour un développement plus harmonieux de nos territoires et des populations les plus démunies.


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