Les agriculteurs, acteurs clés de la biodiversité : la FAO appelle à une action urgente

Les agriculteurs, acteurs clés de la biodiversité : la FAO appelle à une action urgente
Les agriculteurs, acteurs clés de la biodiversité : la FAO appelle à une action urgente

« Sans les agriculteurs, la politique restera sans action. » C’est le message fort lancé mardi par le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aux délégués réunis à Rome pour une nouvelle série de négociations sur la biodiversité.

Du 25 au 27 février, plus de 150 pays se retrouvent dans la capitale italienne pour discuter du financement de la biodiversité, de la responsabilité des États et de l’intégration des systèmes agroalimentaires dans les stratégies mondiales de conservation.

Cette conférence, surnommée COP16.2, a pour objectif de combler certaines lacunes dans l’application du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal (GBF). Ce plan international vise à stopper et inverser la perte de biodiversité d’ici 2030.

Elle fait suite à la COP16 de novembre dernier à Cali, en Colombie, où des avancées majeures ont été enregistrées, notamment sur la gestion des données génétiques et la reconnaissance du rôle des peuples autochtones dans la protection de la nature.

Mais alors que la biodiversité disparaît à un rythme inquiétant, il devient urgent de transformer les engagements en actions concrètes.

L’importance d’impliquer les agriculteurs

Le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, souligne qu’il est indispensable d’intégrer la biodiversité dans les politiques agricoles et alimentaires. Il met en avant l’initiative Agri-NBSAPs, lancée lors de la COP16 à Cali, qui aide les gouvernements à intégrer les systèmes agroalimentaires dans leurs stratégies nationales pour la biodiversité.

Il rappelle que plus de la moitié des 23 objectifs du cadre Kunming-Montréal concernent directement l’agriculture, et que la biodiversité ne se limite pas aux forêts ou aux espèces menacées : elle se trouve aussi dans le sol et dans l’eau.

Un financement insuffisant pour atteindre les objectifs

Malgré les engagements pris lors de la COP16, le financement reste un obstacle majeur.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a alerté sur la situation critique de la biodiversité, affirmant qu’elle est « au bord du gouffre ». Il exhorte les gouvernements à transformer leurs promesses en investissements concrets.

Actuellement, seule une fraction des 200 milliards de dollars nécessaires chaque année a été mobilisée. Les pays en développement demandent aux nations les plus riches de respecter leurs engagements financiers.

À Rome, les discussions portent notamment sur la mise en place de mécanismes de suivi des financements pour s’assurer que les ressources atteignent réellement les communautés les plus impactées par la destruction des écosystèmes.

Quels engagements concrets après la COP16.2 ?

D’ici la fin de la conférence, les négociateurs devront finaliser les accords sur le financement, la mise en œuvre des stratégies et le suivi des engagements.

Le Directeur général de la FAO insiste sur la nécessité d’une approche intégrée, impliquant tous les secteurs gouvernementaux pour assurer une production plus durable, une alimentation plus saine, un environnement plus préservé et une meilleure qualité de vie pour tous.

À moins de cinq ans de l’échéance 2030, cette COP16.2 est un moment décisif : les pays tiendront-ils leurs promesses pour protéger la biodiversité ou laisseront-ils disparaître les écosystèmes de la planète ?

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