
Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable « prend en compte tous les aspects liés à l’actif industriel et au capital humain de la SAMIR », a assuré la ministre aux gouvernails de ce département, Leila Benali, vendredi à Rabat.
Alors que le débat sur les prix des carburants et sur le redémarrage de la raffinerie SAMIR en arrêt depuis 2015 alimente la polémique, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a organisé vendredi 15 avril une conférence afin d’éclairer l’opinion publique sur ces questions.
Dans ce sillage, la ministre a tenu à rappeler les dates marquantes du feuilleton judiciaire de l’affaire SAMIR et les procédures judiciaires en cours au Maroc et à l’international.
Dans ce sens, elle a rappelé que le « tribunal de commerce de Casablanca a prononcé un jugement le 21 mars 2016 décidant la liquidation judiciaire de la SAMIR avec poursuite de l’activité sous supervision du syndic et d’un juge commissaire ».
« Un jugement qui a été confirmé par la Cour d’appel de Casablanca le premier juin 2016 », a-t-elle tenu à souligner en notant que « le 30 janvier 2017, le juge commissaire a décidé la cession des actifs de la Samir avec autorisation au syndic de recevoir les offres d’acquisition selon des conditions déterminées par la Cour ».
Elle a également rappelé que le groupe Corral Petroleum (l’investisseur) a intenté une procédure d’arbitrage contre l’Etat marocain devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) pour dédommagement le 14 mars 2018 et que « l’instance d’arbitrage a été constituée et qu’un cabinet d’avocat (Cabinet Naciri, NDLR) engagé par le gouvernement marocain se déploie actuellement à défendre les intérêts de l’Etat marocain ».
À la recherche de la solution adéquate
Après ce rappel nécessaire, Mme Benali a précisé que « le gouvernement travaille à mettre en œuvre ce qu’il considère comme adéquat et préservant des intérêts du personnel, à savoir près de 600 travailleurs jusqu’au 20 mars 2022, et des intérêts de l’écosystème autour de la Samir à savoir la ville de Mohammedia ».
« À l’aune des jugements prononcé dans le cadre de ce dossier, nous travaillons sur ce dossier. Mais, nous sommes en train de mener la réflexion aux niveaux techniques et économiques malgré les deux dossiers qui sont devant les tribunaux nationaux et internationaux », a-t-elle mis au clair.
Evitant explicitement de donner de chiffres sur la valorisation de l’actif industriel et le coût de maintenance que le gouvernement se voit obligé d’injecter pour préserver ce joyau de l’industrie nationale, elle a pourtant souligné que son département « prend en compte tous les aspects liés à l’actif industriel et au capital humain de la SAMIR.
« Notre travail est de préserver le capital humain direct et indirect et préserver le capital industriel en tenant compte de plusieurs éléments y compris le développement du secteur du raffinage au niveau mondial », a-t-elle affirmé.
Il n’y a pas que l’impact sur les prix en interne
Sauf qu’elle a tout de même relevé certains changements concernant l’industrie du raffinage. « Aujourd’hui, les raffineries font 400.000 barils/jour aujourd’hui n’ont pas des marges négatives, mais des marges assez maigres », a-t-elle dit. Et d’aller plus loi en notant qu’il s’agit là de « raffineries très compétitives, complexes et bien intégrées dans le tissu de la pétrochimie ».
« Les investissements du raffinage en 2022, je ne parle pas de 2016, je parle de 2022 », a-t-elle martelé.
C’est à partir de cette réalité et des différentes discussions avec les différentes parties prenantes que le ministère mène la réflexion technique, la réflexion financière et celle économique, car, selon la ministre, il est très important de tenir compte de tous ces aspects même quand on regarde l’impact sur les prix des hydrocarbures en interne ».
Dans cette veine, la ministre a mis en avant la problématique des ressources humaines par rapport à cet effort de réflexion qui doit être mené.
« Et ceci m’amène à un autre sujet qui est très important pour les prochaines années. Comment on traite un investissement qui s’est mal passé dans le secteur du raffinage, peut-être de l’électricité, du gaz, etc. ? », s’est exclamée Leila Benali.
« Dans ce ministère, nous avons presque 10% de notre masse salariale qui part à la retraite dans deux ans et peut-être même plus. C’est le cas dans le secteur énergétique marocain et mondial il y a un appauvrissement et il y a un énorme gap au niveau managérial », a-t-elle déploré.
« Toutes ces perspectives, le fait qu’on ait besoin de prospectives de veille, de réflexions stratégiques sur des investissements qui ont marché et d’autres qui n’ont pas marché ne peuvent pas se faire sur les réseaux sociaux », a-t-elle indiqué faisant un clin d’œil aux influenceurs sur les RS qui critiquent le gouvernement.
« On ne réfléchit pas de manière globale sur une région comme Mohammedia sur Twitter il nous faut discuter du « technique » et des chiffres des marges … », a affirmé Leila Benali avant de conclure : « ce ministère est en train de réfléchir sur les différentes solutions. Il y a un dossier devant le CIRDI qui fait que je ne peux pas donner des chiffres et ce sont des solutions techniques financières et économiques ».

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