Énergie verte et Méditerranée au festival international italien de géopolitique européenne

Énergie verte et Méditerranée au festival international italien de géopolitique européenne

A l’occasion du lancement du Festival International de géopolitique en Italie, la question énergétique en Méditerranée a été abordée avec l’analyste géopolitique et spécialiste en questions énergétiques Dr. Abdessamad El Jaouzi, qui a également illustré la stratégie marocaine dans la transition vers les sources renouvelables.

 “Aujourd’hui – comme peut-être jamais auparavant – chaque événement qui nous concerne est lié et conditionné par ce qui se passe dans un monde hautement globalisé et interconnecté. Le Festival de géopolitique européenne est le PREMIER événement d’approfondissement et de diffusion des politiques géostratégiques du point de vue non pas de la réalité nationale unique mais de la réalité ultra-étatique et européenne. Cela ne signifie pas ignorer le rôle et la contribution de l’Italie avec son histoire spécifique, son identité culturelle et anthropologique, ses intérêts économiques et productifs, mais les insérer dans un contexte continental élargi, comme il est indispensable, dans cette situation historique”.

C’est la prémisse avec laquelle le premier Festival international de géopolitique italienne a été lancé, et qui s’est déroulé à Jesolo (Région de la Vénétie) du jeudi 6 au samedi 8 mai 2021.

Organisé sous forme de débat en ligne, l’événement  a réuni des représentants italiens de haut niveau tels que des ambassadeurs, des diplomates, anciens ministres, chefs de cabinet, professeurs d’université, économistes, analiste et journalistes qui ont raconté et analysé les relations complexes entre les États et les différentes régions dans le monde, les alliances et les conflits.

Andrea Mazzanti et M. Carlo Mazzanti, de Mazzanti Libri, sont les promoteurs de ce premier Festival en collaboration avec la Région Vénétie, la municipalité de Jesolo, le magazine Atlantis International Affairs, le Conseil de l’Europe, le Cercle des Etudes Diplomatiques de Rome, la Géopolitique et la Stratégie Maritime Centre d’études (Cesmar), Consortium JesoloVenice et Banca Prealpi SanBiagio.

Le Festival italien de géopolitique a été le premier rendez-vous pour approfondir et diffuser les politiques géostratégiques d’un point de vue ultra-étatique et européen. Un point d’observation, expliquent les organisateurs, qui, en tout cas, prend en compte l’apport de l’Italie à partir de son histoire spécifique, de son identité culturelle et anthropologique, de ses intérêts économiques et productifs, insérés dans un large contexte continental. Le projet du Festival de géopolitique a pour objectif de rassembler différents secteurs pour aborder des sujets complexes et les rendre accessibles au public.

Parmi les intervenants M. Stefano Beltrame, chef de l’unité de formation au Ministère des affaires étrangères sur le thème « Diplomatie et intérêt national », l’Ambassadeur M. Giulio Terzi di Sant’Agata et Mme Luisella Pavan Woolfe, directrice du Conseil de l’Europe, bureau italien. Le président de l’Agence spatiale italienne, M. Giorgio Saccoccia, s’est exprimé sur le thème « Espace et avenir », tandis que le rôle de l’Italie et de l’UE a été illustré par le sous-secrétaire M. Vincenzo Amendola, tandis que sur le thème des « nouveaux défis des forces armées » sont intervenus les chefs d’état-major de la marine, de l’aviation et de l’armée. 

Méditerranée et transition énergétique 

Lors des entretiens réalisés à l’occasion du lancement du Festival, le phénomène énergétique en Méditerranée a été également analysé. Le journaliste M. Domenico Letizia a interviewé l’analyste géopolitique et spécialiste des questions énergétiques M. Abdessamad El Jaouzi qui a abordé les questions énergétiques en Méditerranée.

Au cours de cet entretien, A. El Jaouzi a déclaré: «La question énergétique est au centre du débat mondial depuis des décennies, tandis que la divergence entre les politiques actuelles et les objectifs climatiques déclarés restent vastes, avec un contexte international traversé par de forts changements et de nouveaux équilibres politiques, économique et social. La Méditerranée n’échappe pas à ces dynamiques internationales influencées par le changement climatique, le déplacement progressif de l’axe énergétique vers l’Asie du Sud-Est; la croissance de la population mondiale; l’augmentation de la demande et de la consommation d’énergie, la croissantes disparité et les inégalités et plus récemment la pandémie de covid19.

Toutes questions qui évidemment soulèvent de toute urgence le thème de l’approvisionnement des ressources énergétiques et de la transition vers un nouveau paradigme de coopération et de développement durable, avec tous les avantages en termes environnementaux et économiques « , De même, une transition écologique ne peut être réalisée sans une économie circulaire «Un défi», explique-t-il «dans lequel l’Italie est très engagée et, pour la troisième année consécutive, occupe la première place du top 5 de l’économie circulaire devant les principales économies de l’UE (Allemagne, France, Espagne et Pologne), selon le rapport produit par le CEN-Circular Economy Network « .

Illustrant des données, El Jaouzi a précise que «Au cours des 10 dernières années, selon le rapport IRENA 2020, les coûts de l’électricité produite à partir de sources renouvelables ont fortement diminué grâce à l’amélioration des technologies, des économies d’échelle, des chaînes d’approvisionnement toujours plus compétitives et à la croissante expérience des développeurs ». Pour cette raison “Miser sur l’énergie verte”, explique-t-il, “ne signifie pas seulement atteindre les objectifs de climat et de décarbonisation, mais aussi saisir une opportunité économique importante. La réponse européenne avec le “Green Deal” (1 billion d’investissements) pourrait donc avoir un impact positif pour stimuler l’accélération même dans la vaste région qui s’étend de l’Afrique du Nord-Ouest à l’Asie du Sud-Ouest”. 

“En effet, selon des rapports internationaux, la capacité renouvelable de la région MENA pourrait augmenter de 50% à l’avenir et le Maroc représente un modèle de transition intéressant, devant faire face à d’énormes problèmes de sécurité énergétique et de changement climatique”. 

À cet égard, l’analyste M. El Jaouzi a illustré dans l’interview certaines des raisons qui ont conduit le Royaume à se positionner dans les hauts classements.  « Sans sources d’énergie conventionnelles significatives, le pays a un taux de dépendance d’environ 91% aux énergies fossiles importées, ce qui pèse sur le bilan économique et et cela le laisse exposé aux fluctuations des prix mondiaux. Un inconvénient qui l’a conduit dans ces 10/15 dernières années à lancer une nouvelle et ambitieuse stratégie énergétique nationale diversifiée et très efficace à moyen et long terme. Il a récemment annoncé de porter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique à 52% d’ici 2030, économies d’énergie de 25% et prévoit d’investir plus de 40 milliards de dollars pour atteindre ces objectifs. Objectifs qui font du Maroc aujourd’hui un leader au niveau africain, 1er de l’Union du Maghreb arabe, 5ème place mondiale pour l’innovation propre et 14ème position mondiale parmi les nations les plus attractives pour les énergies renouvelables ».  

« Une stratégie qui, grâce également à une position géostratégique au cœur d’un carrefour énergétique entre l’UE et l’Afrique et à la stabilité politique, vise à exploiter son énorme potentiel solaire, éolien et hydroélectrique, en investissant dans la coopération et le partenariat stratégique international, la recherche scientifique et la formation, et à soutenir l’industrialisation de sa production renouvelable. Plus récemment, elle a également lancé une roadmap pour la production d’hydrogène vert, très important pour soutenir le défi de la décarbonisation, en particulier dans les secteurs industriels avec des processus de production à forte intensité énergétique». «Il faut se rappeler», souligne M. El Jaouzi «que pour atteindre ces objectifs ambitieux, grâce à la volonté et à la vision de SM le Roi, le pays a construit son propre modèle de développement spécifique en lançant un vaste programme de réformes législatives, réglementaires et institutionnelles. Aujourd’hui, c’est l’un des pays les plus actifs dans la transition vers une industrie green au niveaux mondiale, a renforcé son partenariat privilégié et ses affinités avec l’UE, son premier partenaire commercial, et cette stratégie l’aide à attirer les investissements, privés et publics, et à créer des emplois « .

En conclusion, précise l’analyste géopolitique, «du fait de la longue crise pandémique mondiale, la reprise économique pour la plupart des pays devra évidemment favoriser le redémarrage de l’appareil productif, la reprise du tissu de travail et le soutien aux entreprises en difficulté. Sortir de cette pandémie est un enjeu pour la relance économique. Pour le Maroc, avec plus de la moitié de la population vaccinée, c’est une condition favorable qui constitue une opportunité pour assurer une reprise économique durable et pour renforcer les atouts stratégiques fondamentaux, cristallisés dans son potentiel solaire et éolienne, qui sont capables de générer des avantages socio-économiques et environnementaux très significatif « .

A propos Houcine ABENKCER 1050 Articles
Cofondateur et rédacteur en chef du journal électronique LeVert.ma

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