EL HAITE : UN PARTENARIAT PUBLIC PRIVE EST NÉCESSAIRE POUR UNE MEILLEURE VALORISATION DES DÉCHETS +VIDEO

REPORTAGE ÉTABLIT PAR HOUCINE ABENKCER & SOUFIANE NEHROU

Hakima El Haité, Championne du Maroc de Haut Niveau pour le Climat

    La ministre chargée de l’Environnement, Hakima El Haite, a plaidé, lundi à Skhirat, pour le renforcement du partenariat public-privé (PPP) en vue d’une meilleure gestion et valorisation des déchets qui s’élèvent à 7 millions de tonnes et génèrent 7,5% des émissions de GES. Un partenariat public privé est nécessaire pour une meilleure valorisation des déchets, dont le rythme de production est de 3,5% par an, soit « un taux plus élevé que la croissance économique », a indiqué Mme El Haite qui s’exprimait à l’ouverture du Sommet international sur la Valorisation des Déchets et le Climat.

 

   Les rôles des secteurs public et privé sont complémentaires dans ce domaine, a-t-elle poursuivi, précisant que le secteur public a pour mission d’instaurer le cadre juridique, légal et institutionnel et de mettre en place la police environnementale, alors que le secteur privé est appelé à mobiliser les investissements et à intégrer l’informel. Outre sa finalité écologique, la valorisation des déchets est aussi une activité économique qui permet la création des postes d’emploi et la génération de la croissance, a-t-elle souligné, faisant savoir que les filières de recyclage et de valorisation pourront générer près de 70.000 emplois sur une période de cinq ans.

   La gestion des déchets est « une histoire sociale, technique et beaucoup plus politique », selon Mme El Haite, également championne pour le climat qui a rappelé que « le recyclage n’est pas étranger à la culture des Marocains et du Maroc ». Certains Marocains utilisent toujours des rejets comme fertilisants pour les terres agricoles afin d’augmenter leur productivité et de limiter l’utilisation des engrais chimiques avec tous les inconvénients qui en découlent, a-t-elle dit avec fierté.

   En 1964, le Maroc a mis en place des centres de valorisation des déchets et des unités de compostage, « mais ça n’a pas marché parce que les techniques et technologies importées de l’Europe étaient inadaptées à la nature de nos déchets », a-t-elle dit. La ministre, qui a tiré la sonnette d’alarme sur les impacts des déchets sur les nappes phréatiques, la faune, la flore et l’émission des GES, a mis en exergue les actions entreprises par son département dans ce sens, notamment l’élaboration de la loi portant interdiction de la fabrication, de l’importation, de la commercialisation et de l’utilisation de sacs en matière plastique et l’instauration de l’écotaxe.

   Dans le domaine de l’environnement, le Maroc est « un très bel exemple » puisqu’il a réussi à réaliser des projets en matière d’énergies renouvelables, particulièrement la gigantesque centrale solaire d’ouarzazate et il a « su monter des projets PPP sobres en carbone », a-t-elle conclu. 

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