Climat: l’industrie allemande réclame 1.500 milliards d’euros pour passer au vert

La fédération allemande de l’industrie (BDI) a jugé jeudi « faisable » de réduire de 80% les émissions polluantes d’ici 2050 par rapport à 1990 mais appelle le prochain gouvernement à y mettre l’argent nécessaire, soit 1.500 milliards d’euros.

« Il existe un écart considérable entre la politique climatique ambitionnée et les moyens mis à disposition pour y parvenir », a déclaré le patron de la BDI, Dieter Kempf, reprenant des critiques récurrentes sur les contradictions du modèle écologique allemand.

La fédération a publié une étude sur la faisabilité des objectifs nationaux en matière de réduction de gaz à effet de serre. Fixés par le gouvernement, ceux-ci prévoient une baisse de 40% d’ici 2020, et de 80% à 95% d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990.

Les industriels allemands estiment « techniquement et économiquement faisable » l’objectif de 80% pour 2050, à condition que le prochain gouvernement mette « le turbo » sur l’investissement et débloque 1.500 milliards d’euros supplémentaires sur cette période.

Pour atteindre les 95%, il faudrait 2.300 milliards d’euros d’investissements publics, selon la même source.

« La BDI exige à juste titre la planification de la sécurité énergétique et climatique du pays », a relevé Greenpeace Allemagne dans un communiqué, appelant le prochain gouvernement à clarifier « ce que sera l’Allemagne moderne, qui se débrouille sans charbon, pétrole et à terme sans gaz ».

Ces appels interviennent alors que Mme Merkel essaye toujours de reconduire sa coalition avec les sociaux-démocrates. Les objectifs climatiques sont l’une des questions en suspens dans les négociations.

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