
Environ 250.000 décès supplémentaires par an dans le monde entre 2030 et 2050 pourraient être imputés aux effets du changement climatique, selon un rapport publié récemment par l’Institut Royal des Études stratégiques (IRES).
« Malgré la poursuite de la croissance économique et des progrès sanitaires, environ 250.000 décès supplémentaires par an entre 2030 et 2050 pourraient être imputés aux effets du changement climatique : exposition à la chaleur, diarrhée, paludisme et sous-alimentation des enfants », lit-on dans le rapport stratégique 2017 intitulé « Panorama du Maroc dans le monde: les enjeux planétaires de la biosphère ».
En dépit de l’aide internationale, les répercussions sur le plan sanitaire des catastrophes naturelles d’origine climatique (inondations, ouragans…) sont « d’autant plus fortes que les pays sont démunis ou impréparés », indique le document.
Les maladies à transmission vectorielle telles que la maladie de Lyme, le paludisme, la dengue, la fièvre du Nil occidental et le chikungunya, sont les exemples les plus manifestes de l’effet du réchauffement climatique sur la propagation et l’émergence des maladies, précise la même source.
En outre, « en l’absence de politiques efficaces d’atténuation ou d’adaptation, quelque 400 millions de personnes supplémentaires souffriraient de sous-alimentation à l’horizon 2050, soit 13% de la population mondiale », relève le rapport, ajoutant qu’environ 500.000 décès annuels supplémentaires pourraient résulter du déséquilibre nutritionnel, induit par l’insécurité alimentaire en 2050.
Les changements climatiques affecteraient également la sécurité civile et auraient des incidences sur la sécurité intérieure du territoire concerné, manifestées notamment par le pillage, le désordre sur la voie publique, les phénomènes de panique et la paralysie des services publics, d’après la même source.
Les migrations climatiques peuvent aussi susciter des mouvements de réaction dangereux, affectant la sécurité des personnes, alors que « l’exacerbation de la compétition pour accéder aux ressources naturelles pourrait constituer une source de conflits armés inter ou intra-étatiques ».
« La vulnérabilité de certains Etats face aux effets du changement climatique pourrait pousser ces derniers à étendre leur espace vital au-delà de leurs frontières », estime le rapport.
Les changements climatiques pourraient entraîner également des pertes économiques, notamment la destruction des infrastructures économiques dans des littoraux urbanisés et la perte, par salinisation, inondations ou sécheresses, de grandes superficies de terres agricoles fertiles, surtout dans des pays où la demande est croissante, du fait de la démographie ou de l’accession à un meilleur niveau de vie.
Le dérèglement climatique engendrerait une hausse de l’acidité, qui aurait des effets négatifs sur les récifs coralliens et les crustacés, tandis que le ruissellement d’eau douce pourrait réduire la salinité de l’eau de mer, contribuant ainsi à la baisse des ressources halieutiques.
Ce rapport stratégique, qui se réfère principalement aux conclusions des études réalisées par l’IRES sur les relations extérieures du Maroc, est enrichi par les propositions formulées lors des rencontres organisées par l’Institut.
La première édition de « Panorama du Maroc dans le monde » avait été consacrée aux transitions majeures en cours dans le monde et leur impact sur le Maroc et ce, en termes de risques à éviter, d’opportunités à saisir et de ruptures à anticiper.

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