
Le réchauffement climatique s’annonce plus prononcé que prévu, le scénario du pire prévoyant +7°C en 2100, ont averti mardi des scientifiques français en présentant des nouveaux modèles climatiques très alarmants, qui serviront de base pour le GIEC.
La hausse de la température moyenne mondiale atteint 6,5 à 7°C en 2100
Les experts climat de l’ONU dévoileront en 2021 leur nouveau rapport d’évaluation sur l’évolution du climat, le sixième depuis 1990. Dans le scénario le plus pessimiste, basé sur une croissance économique rapide alimentée par les énergies fossiles, la hausse de la température moyenne mondiale atteint 6,5 à 7°C en 2100. Dans le dernier rapport du GIEC de 2014, le pire scénario prévoyait +4,8°C par rapport à la période pré-industrielle.
Les scientifiques ont aussi soumis leurs modèles climatiques à d’autres scénarios. Le plus optimiste, basée sur une forte coopération internationale et la priorité donnée au développement durable, permettrait « tout juste » de rester sous l’objectif de 2°C de réchauffement et « au prix d’un dépassement temporaire de l’objectif de 2°C au cours du siècle ». Ce scénario implique la diminution immédiate des émissions de CO2, la neutralité carbone à l’échelle du globe en 2060 et une captation de CO2 atmosphérique de l’ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100, ce qui techniquement est incertain.
L’Accord de Paris sur le climat de 2015 prévoit de limiter le réchauffement de la planète bien en-dessous de 2°C, voire 1,5°C. Le monde n’en prend pas le chemin, puisque les engagements pris jusqu’à présent par les Etats entraîneraient un réchauffement de 3°C. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a d’ailleurs convoqué un sommet lundi à New York pour appeler les dirigeants mondiaux à rehausser leurs ambitions.
D’autres modèles étrangers déjà rendus publics, sur lesquels s’appuiera aussi le GIEC, vont également dans le sens d’un réchauffement accentué. « Cela pourrait s’expliquer par une réaction plus forte du climat à l’augmentation des gaz à effet de serre anthropique que dans les simulations de 2012, mais les raisons de cette sensibilité accrue et le degré de confiance à y apporter restent à évaluer », selon la présentation.
Grâce à cette échelle plus fine, les chercheurs ont mieux modélisé les conséquences du réchauffement climatique en Europe de l’Ouest pour les vagues de chaleur, mais aussi sur l’évolution de la banquise en Arctique, qui pourrait disparaître ou quasiment disparaître l’été à la fin du siècle, ou encore les cyclones dans l’Océan Indien.
Avec AFP

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