
Deuxième continent par sa taille et par sa population, l’Afrique abrite environ 1,2 milliard de personnes, dont 43% ont moins de 15 ans en Afrique subsaharienne. On y recense également 1/5de toutes les espèces connues de plantes, de mammifères et d’oiseaux au monde.
A cause des effets du changement climatique,accentués par l’urbanisation galopante et la pression démographique, cette richesse est aujourd’hui gravement menacée. Pourtant, la contribution de l’Afrique aux émissions de gaz à effet de serre est insignifiante. A lui seul, le continent, soit 54 pays, ne serait responsable que de 3% de ces émissions.
« La comparaison des émissions de gaz à effet de serre par personne dans un pays d’Afrique typique avec celles d’un pays européen typique montre que les Européens émettent environ 50 à 100 fois plus de gaz, et que les Américains en émettent 100 à 200 fois plus », estime GRID-Arendal, un centre qui collabore avec le Programme des NationsUnies pour l’Environnement.
Néanmoins, les effets du changement climatique sur le patrimoine et les ressources naturels du continent sont déjà notables. Dans un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) datant de 2001, les chercheurs ont par exemple évalué que 82% de la glace qui recouvrait en 1912 le Kilimandjaro, en Tanzanie, ont disparu. On estime également que le lac Tchad, que se partagent le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigéria, couvre aujourd’hui moins de 10% de la surface qu’il occupait dans les années 1960. Il serait en effet passé de 22 902 km² en 1963 à 304 km² en 2001.
Les terres agricolesafricaines sont quant à elles lourdement menacées par la sécheresse. Dans un article paru en 2014 dans la revueAfrique Renouveau de l’ONU, les auteurs, Richard Munang, coordonnateur régional pour les changements climatiques du Bureau régional pour l’Afrique du PNUE, et Jesica Andrews, spécialiste de l’adaptation des écosystèmes au Bureau régional pour l’Afrique du PNUE,affirment que « des changements climatiques tels que la hausse des températures et la réduction des réserves en eau, ainsi que la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes, ont un impact sur l’agriculture ».
« A l’heure actuelle, quelques 240 millions d’Africains souffrent déjà de la faim. D’ici 2050, il suffira d’une augmentation de 1,2 à 1,9°C environ pour accroître d’entre 25 et 95% le nombre d’Africains sous-alimentés (+ 25% en Afrique centrale, + 50% en Afrique de l’Est, + 85% en Afrique australe et + 95% en Afrique de l’Ouest) », poursuivent les auteurs de cet article.
Ceci sans parler des ressources hydriques dont la quantité s’amenuise d’année en année. D’après la Banque mondiale, la disponibilité des eaux « bleues et vertes », respectivement issues des précipitations et des rivières, pourrait diminuer de plus de 10% d’ici à 2020 dans toute l’Afrique.
Afin de faire face à ces nombreux défis, plusieurs projetsont été financés ou le sont en Afrique. Energie, accès à l’eau potable, développement rural durable, promotion de stratégies d’adaptation dans l’agriculture…de nombreux efforts sont ainsi fournis par la communauté africaine et internationale et par les bailleurs de fonds pour soutenir le continent africain. Néanmoins, ils ne suffisent pas, ou plus. Il est urgent que l’ensemble du continent se mobilise. La prise de conscience doit être générale, les populations doivent être sensibilisées et accompagnées, les décideurs doivent prendre les mesures qui s’imposent.
Soucieux de faire de la COP22 une COP africaine, le pôle Société civile du Comité de pilotage de la COP22 vient d’entamer une tournée de rencontres avec les sociétés civiles de 12 pays africains (Cameroun, Afrique du Sud, Ethiopie, Ghana, Kenya, Nigéria, Ouganda, République démocratique du Congo, Rwanda, Soudan, Swaziland et Tanzanie). L’objectif de cette opération est de mobiliser la société civile africaine autour des enjeux et travaux de la COP22 et de s’assurer de sa participation à cette rencontre.
Source: Cop.ma

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