
La conférence climat de l’ONU qui s’est terminée dimanche à Madrid n’a pas été à la hauteur de l’urgence climatique, adoptant un accord a minima sans s’entendre sur des points essentiels en raison des réticences de certains Etats. « Je suis déçu du résultat de la COP25 », a déclaré le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres dans un communiqué.
À entendre les critiques qu’elles reçoivent, c’est à se demander si les conclusions de cette COP25, adoptées, comme c’est la règle, à l’unanimité, ont été votées par au moins l’une des 196 délégations.
Que la société civile trouve le résultat trop peu ambitieux, c’était prévisible. « Les États protègent leurs intérêts industriels, plutôt que le climat. La crédibilité de l’accord de Paris s’amenuise, COP après COP », écrit ainsi Greenpeace.
Au terme de cette conférence qui a débordé de plus de 40 heures son programme initial, tout le monde n’a pas vu dans les textes adoptés dimanche le reflet de cette demande d’actions radicales et immédiates. Cette COP « laisse un goût doux-amer », a commenté la ministre espagnole de l’Environnement Teresa Ribera.
Que les experts y trouvent à redire, c’était envisageable. «Jamais je n’avais vu une telle déconnexion entre ce que la science exige et ce que les négociations climatiques apportent», déclare Alden Meyer, de l’Union of Concerned Scientists. Que certaines alliances de pays n’y trouvent pas leur compte, on pouvait encore s’y attendre. «Cette COP n’a pas été capable de répondre à nos attentes sur l’augmentation des ambitions», juge le groupe des pays les moins développés.
Au terme de deux semaines de négociations difficiles, la conférence organisée à Madrid a échoué à trouver un accord sur les règles des marchés carbone internationaux, le fameux «article 6» et dernier volet du manuel d’utilisation de l’Accord de Paris de 2015.
Pendant ces deux semaines de réunion, la plupart des grands pays émetteurs de gaz à effet de serre n’ont pas montré la volonté de faire plus et plus vite contre le réchauffement de la planète, qui amplifie partout tempêtes, canicules ou inondations. Quasiment aucun n’a fait d’annonce significative pour rehausser ses ambitions. Il s’agit des Etats-Unis qui quitteront l’accord de Paris en novembre prochain, mais aussi de la Chine, de l’Inde, du Brésil, du Japon ou de l’Australie.
Dans un communiqué commun, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil soulignent que les «lacunes d’avant 2020 (…) doivent être évaluées et comblées, sans transférer aucune charge aux pays en développement». En clair, c’est aux pays dits «développés» d’assurer l’essentiel des charges de la transition énergétique. Il y a «deux visions» très claires, a résumé la ministre espagnole de l’Environnement Teresa Ribera. «Ceux qui veulent aller plus vite et ceux qui veulent se retrancher derrière ce qui ne fonctionne pas, afin de ne pas avancer».

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