Le Brésil frappé par la pire catastrophe écologique de son histoire

Des milliers de poissons ont été trouvés morts dans la rivière Ipiranga, dans l’Etat brésilien d’Espirito Santo. Cette mortalité pourrait être liée à la rupture du barrage de la mine Samarco il y a un an dans l’Etat voisin de Minas Gerais.

«L’asphyxie des poissons ces derniers jours a pu résulter d’un excès de sédiments dans la rivière. L’eau a vingt fois plus de fer dissout que la normale», a déclaré mardi João Carlos Alciati Thomé, responsable de l’Institut de protection de l’Environnement Chico Mendes.

Le 5 novembre 2015, le barrage du Fundao (sud-est) avait soudainement cédé, tuant 19 personnes. Il avait déclenché un raz-de-marée de 32 millions de mètres cubes de boue et déchets miniers dans la vallée, engloutissant le village de Bento Rodrigues avant de poursuivre sa destruction jusqu’à l’océan Atlantique 640 km plus bas.

Cette catastrophe est considérée comme la pire tragédie environnementale de l’histoire du Brésil, «Des centaines de kilos de poissons morts ont déjà été retirés. Des études en laboratoires sont en cours et il est encore trop tôt pour affirmer la cause exacte des morts, naturelle ou en raison des sédiments de Samarco», a précisé le scientifique.

Le mélange échappé du barrage n’est pas directement toxique pour l’être humain, disent les autorités, qui conseillent pourtant de jeter tous les objets et vêtements qui ont été en contact avec la boue. Les spécialistes, eux, expliquent que ce mélange pourrait agir comme une « éponge » qui piège les autres polluants. Quelques jours après le passage des eaux contaminées, des relevés ont ainsi montré un taux anormalement élevé de mercure à quelques kilomètres de la catastrophe. D’autres sources évoquent la présence de plomb, de cuivre et de divers métaux lourds.

Actuellement, ce sont plus de 500.000 personnes qui sont privées d’eau pour les approvisionnements domestiques et agricoles, le long des 850 km qui séparent Mariana et l’océan Atlantique. Des barrages et des usines de captation sont à l’arrêt à cause des déchets flottants et des tonnes de poissons morts. Par ailleurs, près de 600 personnes ont été déplacées à cause de la subite élévation des eaux. Par sa quantité et sa composition, cette vague de boue, qui progresse à la vitesse de 1,2 km/h, affecte toute une région pour au moins les cent prochaines années.

La présidente de l’Institut brésilien de l’environnement (Ibama), Marilene Ramos, rappelle que la catastrophe de Mariana n’est pas la première de ce genre. En 10 ans, cinq incidents de la sorte se sont produits, bien que de moindre ampleur. Le Brésil doit donc désormais prendre au sérieux les menaces que constituent les activités extractives pour l’environnement et revoir ses réglementations de sécurité.

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