
Dans un contexte où les crises climatiques se multiplient et dévoilent la vulnérabilité d’un continent pourtant faiblement émetteur, Marrakech s’apprête à accueillir un moment de réflexion stratégique qui pourrait peser lourd dans les années à venir. L’Africa Transition Forum 2025 (ATF 2025), organisé du 26 au 28 novembre par l’Institut International pour la Transition Durable en Afrique, réunira chercheurs, institutions, ONG, acteurs communautaires et décideurs publics autour d’une même ambition : accélérer la bascule vers des modèles durables fondés sur la résilience, l’inclusion et l’innovation locale.
Un Maroc qui assume son rôle de carrefour de la transition climatique africaine
L’évènement, hébergé à la Faculté des Sciences Semlalia de l’Université Cadi Ayyad, s’inscrit dans la continuité de l’engagement marocain sur les enjeux climatiques — du leadership affiché lors de la COP22 à Marrakech aux politiques nationales de transition énergétique et de gestion durable des ressources.
Pour LeVert.ma, l’ATF 2025 est plus qu’un forum : c’est un révélateur. Un espace où se cristallisent les défis et les opportunités d’une Afrique qui cherche à renforcer son autonomie écologique et technologique.
Et les enjeux sont colossaux :
moins de 4 % des émissions mondiales, mais une exposition extrême aux impacts climatiques ;
60 % de jeunes de moins de 25 ans, appelés à devenir les moteurs des transitions ;
une urbanisation parmi les plus rapides du monde, qui exige de repenser villes, infrastructures et gouvernance.

Climat, urbanisme, énergie : ce que l’Afrique doit repenser d’urgence
L’ATF 2025 ambitionne de traiter simultanément les trois pressions majeures qui redessinent le futur du continent :
La croissance démographique explosive ; la transformation des systèmes urbains ; l’urgence climatique et la nécessité de renforcer la résilience territoriale.
Au programme, des sessions dédiées à :
– la transition énergétique et l’intégration des énergies renouvelables ;
– la gestion durable de la croissance urbaine ;
– les réponses aux sécheresses, inondations et stress hydrique ;
– les modèles agricoles résilients et la sécurité alimentaire ;
– les mécanismes de financement verts et les partenariats multisectoriels.
Un forum orienté solutions, loin des discours incantatoires
Parmi les partenaires de cette édition figurent le Ministère marocain de la Transition Énergétique et du Développement Durable, le PNUD et le FAGACE. Ce trio témoigne d’une volonté commune : dépasser les déclarations pour entrer dans l’ingénierie concrète des transitions.
Contrairement à nombre de rencontres internationales, l’ATF 2025 met l’accent sur l’opérationnalité, le partage d’expériences réelles et la mise en réseau d’acteurs qui n’interagissent pas assez dans les cadres institutionnels classiques.
Les organisateurs annoncent la production de feuilles de route multisectorielles, avec des recommandations censées être utilisables par les collectivités locales, les gouvernements, mais aussi les porteurs de projets privés et communautaires.
L’Institut : un acteur marocain discret mais stratégique
À l’origine du forum, l’Institut International pour la Transition Durable en Afrique s’impose comme un catalyseur essentiel des transitions continentales. Sa mission : mettre la recherche scientifique au service des politiques publiques, tout en soutenant l’émergence d’innovations adaptées aux réalités africaines.
Son action s’articule autour de cinq domaines clés : énergie durable, climat, agriculture résiliente, économie circulaire, gouvernance et innovation , qui constituent autant de leviers pour accélérer la transformation écologique du continent.
L’un des défis majeurs consistera à articuler ces axes avec les stratégies déjà engagées au Maroc, notamment en matière d’énergies propres, d’adaptation climatique et de gestion durable des ressources hydriques.
Pourquoi l’ATF 2025 compte pour l’Afrique et pour le Maroc
Alors que l’Afrique cherche à peser davantage dans les négociations climatiques internationales, l’édition 2025 de l’Africa Transition Forum intervient à un moment décisif. En rassemblant acteurs publics, experts, institutions et innovateurs, l’évènement peut jouer un rôle structurant dans les dynamiques de transition du continent.
Le forum est en effet susceptible de renforcer les alliances africaines autour de l’adaptation climatique, d’encourager l’émergence d’écosystèmes d’innovation verte, de consolider les partenariats Sud-Sud et de soutenir la montée en compétences des territoires à travers des outils opérationnels et des échanges d’expériences.
Pour le Maroc, l’accueil de ce rendez-vous confirme la place de Marrakech comme hub continental de réflexion et d’action sur les questions environnementales et de durabilité, renforçant son rôle de passerelle entre expertise scientifique, politiques publiques et initiatives locales.

Laisser un commentaire