
Le Haut-Commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, Abdeladim El Hafi, a souligné, mardi à Tanger, la ferme nécessité de prendre des mesures plus décisives pour préserver, restaurer et assurer une gestion rationnelle des zones humides, afin de conserver et de valoriser les services écosystémiques rendus par ces espaces précieux.
« Il est aujourd’hui plus que jamais crucial de prendre fait et cause pour les zones humides et d’engager des mesures plus décisives pour conserver et restaurer ces écosystèmes précieux et fragiles », dans la mesure où ces zones, lorsqu’elles sont bien gérées, peuvent renforcer la résilience des populations aux phénomènes météorologiques extrêmes et aident à atténuer les dommages causés, a insisté M. El Hafi qui s’exprimait lors d’une rencontre, organisée par le HCEFLCD, en marge de la célébration de la Journée mondiale des zones humides, placée sous le thème « Des zones humides pour la prévention des catastrophes ».
« Le Maroc compte parmi les premiers pays à avoir contribué à l’émergence d’une prise de conscience mondiale quant au changement climatique, et à la nécessité de préserver ses écosystèmes et ce, depuis le Sommet de la terre de Rio, en 1992 », a-t-il rappelé, notant que le chemin parcouru par le Royaume en matière de conservation et de gestion rationnelle des zones humides est « impressionnant, mais beaucoup reste encore à faire, à travers l’accélération de la dynamique actuelle en vue des actions concrètes ».
A cet égard, le responsable a précisé que la problématique de la conservation et de la gestion des zones humides constitue une affaire délicate qui doit être abordée avec tout le sérieux et toute la responsabilité nécessaires, relevant que le coût de l’attentisme et le manquement à l’impératif d’affronter l’impact du changement climatique et ses effets auront des conséquences graves, mettant en péril les écosystèmes humides.
Après avoir souligné le caractère indispensable pour l’humanité de ces écosystèmes particuliers, tant pour l’approvisionnement en eau saine, la conservation de la diversité biologique, l’atténuation des changements climatiques, outre les autres « services écologiques » qu’ils fournissent, M. El Hafi a affirmé que les zones humides font aujourd’hui l’objet d’une attention toute particulière au niveau mondial, en vue de leur restauration ou de leur conservation dans le cadre de la Convention de Ramsar, ratifiée par le Maroc en 1980.
Dans ce contexte, il a réitéré la détermination du Maroc, qui a une position stratégique dans le cadre des réseaux des zones humides, à respecter ses engagements, en réalisant les activités de conservation et d’utilisation durable de ces espaces dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement.
Pour sa part, le Chef de division des Parcs et réserves naturelles du HCEFLCD, Zouhair Amhaouch, a présenté les grands axes de la stratégie nationale des zones humides 2015-2024, qui prévoit l’inscription de 30 nouveaux sites RAMSAR, la mise en oeuvre de 60 plans d’action intégrés de restauration des zones humides prioritaires, la sensibilisation de près de 50.000 personnes par an dans le cadre du programme animation nature pour les zones humides et le développement de 4 chaînes de valeurs durables au niveau des zones humides, à savoir le birdwatching, la pêche artisanale, l’aquaculture intégrée et le tourisme halieutique.
Ainsi, à l’horizon 2024, les zones humides marocaines seront gérées de façon intégrée et durable, assurant l’amélioration de leur patrimoine écologique et de leurs services écosystémiques, a-t-il expliqué, précisant que cette stratégie vise à améliorer les valeurs patrimoniales et les fonctions écologiques des zones humides, promouvoir les mécanismes de gouvernance et de coordination entre les politiques publiques affectant les zones humides, et à développer les connaissances relatives à ces zones et les mécanismes de leur partage.
Au programme de cette manifestation, qui s’est déroulée en présence notamment du gouverneur de la province de Fahs-Anjra, Abdelkhalek Marzouki, figurent des panels sur « la conservation des zones humides de la région TTA » et « la valorisation des zones humides par des modes de vie durable », animés par des experts marocains et étrangers.

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