
Une voie de valorisation des coques d’Argan dans des technologies durables a été développée par des scientifiques du laboratoire Génie Chimique et Valorisation des Ressources émanant de l’université de Tanger (LGCVR) en partenariat avec le laboratoire Physico Chimie des Matériaux et des Electrolytes pour l’Energie (PCM2E) de l’université de Tours en France. Il s’agit des travaux de recherche réalisés par Ouassim Boujibar, Arunabh Ghosh, Ouafae Achak, Tarik Chafik et Fouad Ghamouss qui, ayant bien fait l’objet des publications dans des revues internationales.
Ouassim Boujibar chercheur scientifique et co-auteur de l’étude a déclaré ‘’l’objectif de notre étude étant la recherche d’une valorisation des coques d’argan dans des technologies au service du développement durable, telles que le stockage d’énergie par supercondensateurs et le captage de CO2. Dans le cas de valorisation en tant que matériaux carbonés pour la fabrication d’électrodes supercapacitives pour le stockage d’énergie électrique, le caractère électro-actif des carbones poreux préparés, a permis l’obtention des performances électrochimiques prometteuses. Les tests énergétiques de ces matériaux, ont permis de montrer que leur capacité de stockage d’énergie peut atteindre 65Wh/kg à une puissance de l’ordre de 2 kW/kg. A noter également, l’excellente stabilité électrochimique maintenue, même, après 2000 cycles de charge/décharge à 1A/g avec un voltage de fonctionnement de 3,5 V’’.
Les supercondensateurs ce sont des dispositifs de stockage qui possèdent une densité de puissance importante de l’ordre de plusieurs kW/kg associée à un nombre de cycle infiniment plus importants. Cette technologie est d’ailleurs déjà utilisée dans diverses applications nécessitant des pics de puissance, notamment dans le demain de transport. Ces applications incluent, par exemple, les systèmes pour récupérer l’énergie du freinage des voitures ou pour alimenter leur système Stop & Start permettant un redémarrage automatique du moteur afin d’économiser le carburant.
Boujibar a ajouté ‘’les travaux réalisés ont démontré également, le potentiel intéressant des filtres à base des coques d’argan vis-à-vis du captage de CO2 avec des valeurs de capacité d’adsorption de l’ordre de 5,88 mmol/g sous des conditions ambiantes (1 bar et 25°C). Les estimations économiques qui ont été réalisées offrent de très bonnes perspectives en termes de coût de la quantité de CO2 captée, largement inférieur à celui de la technologie leader du marché (absorption par les amines). Le CO2 capter pourrait également servir à la production de biocarburants ou être revendu comme fertilisant agricole’’.
Cette technologie est fortement adaptée aux centrales thermiques qui sont largement impliquées dans la pollution atmosphérique. Produisant de l’électricité à partir de combustibles fossiles (gaz, charbon, fioul, etc.), elles rejettent d’importantes quantités de CO2 ainsi que SO2 qui ont fait classer le Maroc au top 25 des pays les plus pollueurs dans le monde (selon Greenpeace, 2019).

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