Protection des zones humides, LHAFI vante « l’approche globale » (+Vidéo)

Le Haut-Commissaire aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification
Le Haut-Commissaire aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification, Dr. Abdeladim LHAFI lors d’une conférence internationale organisée par l’Université Ibn Tofaïl à Kénirta.

Espaces de transition entre la terre et l’eau, les Zones humides constituent de par leur richesse biologique un capital naturel remarquable qu’il faut sans nul doute protéger. Cette préoccupation majeure du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts  et à la Lutte Contre la Désertification a été au centre d’une conférence internationale organisée il y a quelques jours par l’Université Ibn Tofaïl.

Prenant part à cet événement, le Haut-Commissaire aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification, Abdeladim LHAFI, a dressé un état critique en mettant l’accent sur la responsabilité et  l’ engagement collectif pour la préservation des écosystèmes naturels.

Lors de cette conférence qui a débattu en particulier du co-développement dans les zones humides, le Haut commissaire a insisté sur l’importance capitale de «la Valorisation des Zones Humides dans une Démarche de Co-développement Territorial ».

Le mot d’ordre de son intervention était « l’approche globale », car, explique-t-il, tous les efforts qui ont été consentis lors des dernières années principalement sur les sujets d’actualité et d’intérêt général tels que les changements climatiques, la biodiversité, la lutte contre la désertification et puis toutes les conventions mères au niveau du sommet de la terre (Sommet de Rio 1992) nous montre que malgré tous les efforts qui ont été consentis, les résultats restent en deçà de ce qui est attendu ».

De même il a souligné que « le plus souvent « au lieu de restaurer tous les équilibres d’une façon générale, la régression a continué sur pratiquement tous les domaines ».  

Dans le détail, il a affirmé que c’est évident en ce qui concerne le changement climatique. « Tous les débats qui tournent autour des Cop montrent à l’évidence la difficulté la complexité et surtout les résultats qui restent largement en dessous des attentes », a-t-il soutenu. Idem pour la désertification a-t-il assuré avant de s’interroger de quoi s’agit-il exactement? Pourquoi nous sommes en deçà de ces résultats ?.

Pour comprendre, il y a deux clés d’entrée qui sont d’une extrême importance et qui reviennent à écarter toutes les démarches linéaires, a-t-il expliqué. S’appuyant  sur les théories du « théoricien de la complexité Edgars Morin », comme il l’a appelé, il a affirmé que « le monde n’a jamais produit autant de connaissance, mais en même temps le monde n’a jamais été frappé aussi fort de ses cités ».

D’après lui, c’est dû au fait que nous avons segmenté les problèmes. « Nous avons essayé de nous attaquer avec la logique sectorielle et la logique linéaire à ces problèmes et nous avons oublié l’essentiel c’est-à-dire la globalité », a martelé le Haut commissaire.

Les écosystèmes, dont celui des zones humides, ne sont des composantes distinctes ( le climat la faune, la flore…), mais des composantes qui sont en interaction permanente et qui interagissent entre eux et qui sont en situation de déséquilibre permanent et leur dynamique est une dynamique d’équilibre dans une marge qui s’appelle la marge de résilience », explique Monsieur le Haut Commissaire

Selon lui, tant qu’on est dans cette marge de résilience, il est possible d’agir et de restaurer l’équilibre, mais lorsqu’on sort de cette marge nous rentrons dans un système de rupture. Celui-ci pourrait, affirme-t-il, conduire à une forme de cercle vicieux qui conduit à la désertification dans le sens le plus large du terme. Autrement dit « la rupture des équilibres ».

« L’essentiel de cette approche globale est de ne pas travailler sur des approches linéaires  quelque soit la pertinence ou la profondeur des données scientifiques et techniques relatives à chaque écosystème », a-t-il mis en garde. Et de conclure que « les efforts de conservation et de gestion des écosystèmes doivent obéir à une approche globale avec deux clés d’entrée, à savoir la soutenabilité des projets comme équilibre cohérent et imposé entre l’économique,  l’écologique et le social, et le territoire comme unité écologique homogène où les plans sectoriels sont les déclinaisons du projet global, avec inversion des logiques actuelles.

Lors de cette conférence, l’ensemble des acteurs présents ont mis en exergue l’importance de la prise en compte de la complexité et de la diversité des milieux naturels, mais également à l’engagement et  l’intégration des acteurs et des politiques pour la définition et la mise en œuvre de démarches et de dispositifs innovants et viables.

A propos Houcine ABENKCER 1050 Articles
Cofondateur et rédacteur en chef du journal électronique LeVert.ma

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