
A l’automne dernier, une équipe de chercheurs allemands et britanniques, emmenée par l’universitaire Caspar Hallmann, évaluaient de 75 % à 80 % le déclin de la biomasse des insectes volants sur le territoire allemand. Ce mardi, le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annoncent des résultats tout aussi alarmistes. Cette fois-ci sur les oiseaux et sur le territoire français.
Les chercheurs arrivent au même constat : les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse « vertigineuse ». « En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans. Au vu de l’accélération des pertes ces deux dernières années, cette tendance est loin de s’infléchir », indiquent les deux institutions dans un communiqué commun.
La première étude est le résultat d’un programme de sciences participatives nommé Stoc (Suivi temporel des oiseaux communs), piloté par le MNHN et alimenté par des ornithologies amateurs et professionnels qui identifient et comptent les oiseaux sur tout le territoire national. Les relevés effectués en milieu rural mettent alors en évidence une diminution des populations d’oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990.
L’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Ce déclin se serait encore intensifié entre 2016 et 2017.
L’intensification des pratiques agricoles en cause ?
Or, les relevés de l’étude du MNHN démontrent que ces espèces généralistes ne sont pas en déclin à l’échelle nationale. La diminution serait donc propre au milieu agricole, « sans doute en lien avec l’effondrement des insectes », suppose le CNRS.
Preuve en est, l’étude des populations d’insectes réalisée dans la zone atelier du Centre d’études biologiques de Chizé. Les résultats n’ont pas encore été publiés, mais ils seraient cohérents avec ceux précédemment livrés par Caspar Hallemand, indique Le Monde ce mardi.
Le carabe, le coléoptère le plus commun des écosystèmes agricoles, aurait ainsi perdu près de 85 % de ses populations au cours des vingt-trois dernières années. « Or de nombreuses espèces d’oiseaux granivores passent par un stade insectivore au début de leur vie », explique Christian Pacteau, référent pour la biodiversité à la Ligue de protection des oiseaux (LPO) dans les colonnes du quotidien.
Cela pose alors la question de la cause de ces disparitions massives observées. Le CNRS et le MNHN pointent une concomitance avec l’intensification des pratiques agricoles ces vingt-cinq dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009. Cette période « correspond entre autres à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à la reprise du suramendement au nitrate permettant d’avoir du blé sur-protéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes [des insecticides neurotoxiques très persistants] ».
Par 20 minutes

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