Vidéo. Plaidoyer de Lhafi  pour la neutralité de la dégradation des sols

Célébration de la journée mondiale de la lutte contre la désertification

Le Haut-commissaire aux Eaux et Eorêts à la lutte contre la Désertification (HCEFLCD), Abdeladim Lhafi
Dr. Abdeladim Lhafin, Haut-commissaire aux Eaux et Forêts à la lutte contre la Désertification.

Cela fait 23 ans jour pour jour que l’Humanité a pris conscience de l’importance de la lutte contre la désertification et la sécheresse. C’est en cette journée de 1994 que l’Assemblée générale des Nations Unies avait instituée la journée mondiale de la lutte contre ce phénomène qui frappe de plein fouet l’écosystème et, par conséquent, porte préjudice à l’avenir de l’humanité.

Au Maroc, comme dans tous les pays du globe, cette journée célébrée sous le thème « Notre terre, notre maison, notre avenir » marque un point pour appréhender ce fléau qui concerne presque la moitié de la superficie de la planète et près de deux milliards de personnes.

Le Royaume, qui a ratifié la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) un an après sa ratification (1995), se place parmi les pionniers sur ce plan, notamment, grâce aux efforts déployés inlassablement par le Haut-commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) qui fêtera en octobre prochain son centième anniversaire.
A cette occasion, nous avons interpellé l’infatigable Haut-commissaire aux Eaux et Forêts, Abdeladim Lhafi, en cette qualité mais également en celle de Président de l'(OSS).

La désertification, un fléau aux facettes multiples

Lhafi est donc revenu sur le long cheminement émaillé dedébats par lequel a passé la communauté internationale avant de convenir sur une définition de cette problématique qui correspondant, selon lui, « non seulement à la dégradation des sols par ensablement, mais une forme de dégradation globale de l’écosystème ».
Il s’agit, d’après ce fin connaisseur du domaine, de « tout ce qui attente à l’intégrité de cet écosystème, qui le place dans une position de déséquilibre irréversible et va, donc, vers la perte de la productivité des sols, vers l’érosion, vers la perte de la biodiversité, vers la salinité des terres et toutes les formes de dégradation de l’écosystème… ».
Le Président de l’OSS, qui se trouve actuellement à Ouagadougou au Burkina Faso, où se déroulent les manifestations officielles sous le thème majeur de cette année : le lien entre la dégradation des terres et l’immigration, nous a expliqué comment a été établi ce lien.

23 hectares qui sont perdus chaque minute

« Nous savons que la terre et l’élément central à côté de l’eau pour la production des biens et pour la production des richesses et aussi pour garantir la sécurité alimentaire », a indiqué le Haut-commissaire.
Donc, « c’est un facteur de stabilité, c’est un facteur de lien entre l’homme qui est fondamental dans l’intégrité de l’écosystème parce que n’oublions pas que l’homme fait partie de l’écosystème », a-t-il soutenu.
Tout en revenant sur les longs débats qui ont eu lieu, notamment lors de la COP12 de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification (CNULCD) en 2015 à Ankara en Turquie, M. Lhafi a souligné qu’ « une des recommandations fondamentales concerne l’objectif de la neutralité de la dégradations des sols ». Autrement dit, « comment faire au moins pour stopper ce phénomène ».
Parce que nous savons, insiste le Président de l’OSS, « qu’il y a 12 millions d’hectares qui sont perdus annuellement dans le monde ».

Dit autrement, « il y a 23 hectares qui sont perdus chaque minute du fait de la désertification », s’alarme ce responsable qui tient sa mission à cœur. « 12 millions d’hectares, cela veut dire pratiquement 20 millions de tonnes de céréales qui sont perdus pour la production », regrette M. Lhafi en rappelant que « l’objectif essentiel était de comment limiter cette tendance régressive pour au moins aboutir à cet objectif de neutralité de la dégradation des sols ».

« Une terre qui se désertifie, nourrit l’immigration », dixit Lhafi

L’objectif de développement durable des Nations Unies à l’horizon 2030 a adopté cette recommandation (dans son objectif 15-3) et qui vise à cet horizon d’atteindre cet objectif de neutralité de la dégradation des sols, rappelle notre source.

« C’est une forme d’appropriation par la communauté internationale de ce phénomène parce qu’il y a des retombées derrière. Nous avons parlé du lien entre l’homme et le sol et nous savons qu’une terre qui se désertifie et une terre qui ne produit plus, une terre qui ne produit plus ne nourrit plus et si elle ne nourrit plus elle nourrit l’immigration », décortique M. Lhafi.

« Il y a une forme de mobilité forcée, parce qu’il y a des facteurs d’expulsion qui se sont développés et qui font que les gens qui vivent dans ces territoires désertifiés sont candidats à l’immigration », analyse cet expert.

Les statistiques montrent que si rien n’est fait, ce phénomène peut atteindre jusqu’à 200 millions de réfugiés étant donné que la population de l’Afrique en 2050 sera d’à peu près de 2 milliards et sera en fin du siècle de près de 4 milliards », s’insurge cet écologiste.

« Donc, il y a une explosion démographique (et au même temps) qui s’accompagne d’une régression de cette productivité des sols, ce qui fait que les demandes en aliments d’ici 2050 seront augmentées à peu prêt de 45 %. Et les demandes en eau seront augmentées de 35 %. C’est dire la gravité du phénomène », s’alarme le Haut-commissaire.

« Tout cela a fait qu’à Marrakech durant la Cop22 que l’initiative « Triple S (3S) » (stabilité, sécurité et soutenabilité), et qui concerne justement la dégradation des sols, a été validé et figure, aujourd’hui, sur la feuille de route établie par les chefs d’Etats africains que SM le roi Mohammed VI a réunis à Marrakech en marge de la Cop 22 », se félicite M. Lhafi.

A propos Houcine ABENKCER 1050 Articles
Cofondateur et rédacteur en chef du journal électronique LeVert.ma

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